À la suite de l’arrestation et de l’exfiltration du président vénézuélien Nicolás Maduro par le président américain Donald Trump, le parti Pitit Dessalines dit se mobiliser au nom du respect des droits démocratiques et du droit international. Une prise de position qui soulève toutefois de sérieuses interrogations quant à la cohérence politique de son leader, Moïse Jean Charles.

Décodage Info, le 4 Janvier 2025
Dans une note rendue publique le 3 janvier 2026, le parti dirigé par Moïse Jean Charles réagit à ce qu’il qualifie d’atteinte grave à la souveraineté du Venezuela. Daté du 4 janvier 2026, le document se veut un rappel de principes universels, invoquant le respect des normes démocratiques et de la légalité internationale.
Pourtant, cette posture morale contraste fortement avec les prises de position passées de Moïse Jean Charles, souvent accusé de complaisance envers des régimes autoritaires dès lors qu’ils s’inscrivent dans son discours idéologique. En se présentant aujourd’hui comme un ardent défenseur du droit international, le leader de Pitit Dessalines semble davantage chercher à capitaliser politiquement sur une crise internationale qu’à défendre de manière constante les valeurs démocratiques.
Le texte insiste longuement sur les liens historiques entre Haïti et le Venezuela, rappelant l’aide apportée par Haïti à Simón Bolívar au XIXᵉ siècle. Si ces faits historiques sont indéniables, leur instrumentalisation dans le contexte actuel apparaît discutable, servant davantage à légitimer une position politique qu’à éclairer objectivement la situation contemporaine du Venezuela.
La note évoque également la solidarité du Venezuela envers Haïti, notamment à travers l’accord PetroCaribe de 2006, l’aide humanitaire et l’annulation de dettes après le séisme de 2010. Là encore, Pitit Dessalines omet de rappeler les graves dérives de gestion et de corruption liées au dossier PetroCaribe, pourtant au cœur des mobilisations populaires haïtiennes que Moïse Jean Charles prétendait soutenir.
En condamnant fermement l’arrestation de Nicolás Maduro, qualifiée d’« acte de force qui crée un état de fait et non un état de droit », le parti adresse un message à la communauté internationale. Mais ce plaidoyer pour la légalité internationale peine à convaincre lorsqu’il émane d’un acteur politique dont les positions internes ont souvent minimisé, voire justifié, des violations de droits démocratiques en Haïti même.
Au final, cette sortie de Pitit Dessalines ressemble moins à une défense sincère des principes universels qu’à une prise de position idéologique sélective, révélant une fois de plus les limites et les contradictions du discours politique de Moïse Jean Charles.
La Rédaction
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