Port-au-Prince, 9 janvier 2026–La Communauté caribéenne (CARICOM) tire la sonnette d’alarme face à l’échéance imminente du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévue pour le 7 février 2026. Le Groupe des personnalités éminentes (GPE), à l’origine de la mise en place de cette structure et acteur clé de la facilitation du dialogue haïtien, avertit qu’en l’absence d’un accord politique avant cette date, Haïti risque de sombrer dans une nouvelle crise institutionnelle.

Dans un communiqué publié ce vendredi 9 janvier 2026, le GPE lance un appel pressant aux acteurs politiques, sociaux et institutionnels haïtiens afin qu’ils parviennent, dans les plus brefs délais, à un consensus national sur un mécanisme de gouvernance transitoire, capable d’éviter un dangereux vide du pouvoir.
Le Groupe exprime sa vive préoccupation face au retard accumulé par les forces politiques et sociales à s’entendre sur une solution consensuelle de sortie de crise, malgré l’existence de plusieurs propositions publiques présentant des points de convergence significatifs. Cette incapacité à dégager un accord commun, souligne-t-il, fragilise davantage un pays déjà confronté à une insécurité chronique et à une profonde défiance populaire.
Tout en réaffirmant sa disponibilité à offrir ses bons offices, le GPE rappelle que la CARICOM, en coordination avec la communauté internationale, a multiplié les initiatives pour soutenir un processus de transition dirigé par les Haïtiens eux-mêmes. Ces efforts s’inscrivent dans un contexte particulièrement difficile, marqué par de graves défis sécuritaires, politiques et institutionnels.
Le Groupe se dit également conscient de la forte charge symbolique et constitutionnelle du 7 février, une date historiquement associée aux transitions politiques en Haïti. Selon lui, l’absence d’un accord clair, inclusif et légitime avant cette échéance pourrait accentuer l’instabilité, affaiblir davantage les institutions et compromettre toute perspective crédible de retour à l’ordre démocratique.
Dans ce contexte, le GPE exhorte les acteurs haïtiens à faire preuve de patriotisme, de responsabilité historique et de sens du compromis. Il rappelle que la souveraineté politique d’Haïti dépend avant tout de la capacité de ses propres citoyens à décider collectivement de leur avenir. Le Groupe insiste sur la nécessité d’un engagement sincère de l’ensemble des parties prenantes — forces politiques, société civile, secteurs économiques et population — afin de dégager un consensus avant l’échéance fatidique.
Au lendemain du 7 février 2026, Haïti se retrouvera ainsi à la croisée des chemins. Soit les acteurs auront su dépasser leurs intérêts particuliers pour poser les bases d’une transition crédible et inclusive, soit le pays fera face à un vide institutionnel lourd de conséquences, susceptible d’aggraver l’insécurité, la défiance populaire et l’isolement international.
Plus qu’une simple date, le 7 février apparaît comme un test de maturité politique, révélateur de la capacité des élites haïtiennes à rompre avec la logique de crise permanente et à inscrire enfin la gouvernance nationale dans une trajectoire de stabilité, de légitimité et d’espoir pour un peuple déjà durement éprouvé.
La Rédaction
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