Face aux rumeurs persistantes l’associant à une initiative de médiation nationale, Mgr Pierre-André Dumas, évêque d’Anse-à-Veau et de Miragoâne, sort de son silence. Dans une note adressée à la population haïtienne, le prélat tient à rétablir les faits et à clarifier sans équivoque sa position dans le contexte de la crise multidimensionnelle que traverse le pays.

Décodage Info, le 14 janvier 2026.
Dès les premières lignes, l’homme d’Église pose le ton. Il invoque la nécessité de vérité, de responsabilité et de respect, estimant indispensable de dissiper toute confusion entretenue dans l’espace public.
S’exprimant avec sérénité, il affirme vouloir parler « pour l’histoire et pour la vérité », conscient de la portée de ses paroles dans un climat national déjà lourd de tensions.
Mgr Dumas est formel : il n’a jamais pris l’initiative de se proposer comme médiateur. Il explique que les démarches évoquant son nom proviennent exclusivement d’acteurs extérieurs, notamment des regroupements politiques, des organisations de la société civile, des institutions nationales, ainsi que de certaines personnalités internationales.
S’il décline toute responsabilité directe dans ces initiatives, l’évêque exprime toutefois sa gratitude envers ceux qui ont vu en lui une figure de confiance capable de favoriser le dialogue.
Une démarche pastorale, non institutionnelle
Le prélat précise que les échanges qu’il a pu avoir s’inscrivaient uniquement dans le cadre de sa mission pastorale. Il insiste sur le fait qu’il n’a jamais parlé ni agi au nom de la Conférence épiscopale d’Haïti, ni comme émissaire officiel de l’Église catholique dans un processus politique.
Son action, dit-il, a toujours été guidée par une approche spirituelle, centrée sur l’écoute et l’accompagnement, fidèle à la vocation de l’Église.
Refus de toute posture politique
Souhaitant lever toute ambiguïté, Mgr Dumas rappelle qu’il n’appartient à aucune formation politique et ne poursuit aucun agenda partisan. Sa mission demeure celle d’un pasteur, au service de tous, sans distinction.
Il justifie néanmoins son ouverture au dialogue par ce qu’il appelle la « culture de la rencontre », un principe cher à l’Église, fondé sur l’écoute mutuelle, le refus de l’exclusion et la promotion de la parole comme alternative à la violence.
Un retrait assumé du processus de médiation
Confronté à la propagation d’informations qu’il juge erronées et à des interprétations qu’il estime préjudiciables, l’évêque annonce avoir pris, après réflexion et discernement, la décision de se retirer de toute participation directe et opérationnelle à ce processus de médiation particulier.
Il tient cependant à préciser que ce retrait ne traduit ni un désengagement moral ni une indifférence à la souffrance du pays. Au contraire, il réaffirme sa foi profonde en l’avenir d’Haïti et en la capacité des Haïtiens à trouver eux-mêmes des solutions durables, à condition de faire preuve de courage, de lucidité et de responsabilité collective.
Foi, blessures et espérance nationale.
Dans un passage chargé d’émotion, Mgr Dumas établit un lien entre son propre parcours marqué par l’épreuve et celui de la nation haïtienne. Évoquant les blessures inscrites dans sa chair, il affirme croire, avec une foi inébranlable, en la résilience du pays.
Pour lui, Haïti peut et doit se relever, à travers un chemin de réconciliation, de souveraineté retrouvée et d’espérance partagée.
En guise de conclusion, l’évêque assure qu’il continuera à accompagner le peuple haïtien autrement : par la prière, par la parole prophétique et par l’interpellation des consciences. Il invite chacun à faire le choix de la vie, de la responsabilité et de l’espérance, afin de bâtir un avenir plus juste pour la nation.
DÉCODAGE lNFO







