Décodage Info 8 février 2026
Un collectif de quatorze organisations de défense des droits humains dénonce, dans une note conjointe datée du 6 février 2026, de graves irrégularités administratives impliquant le ministre Jean-Michel Moïse. Après neuf mois d’alertes restées sans suite, ces organisations exigent son écartement afin de permettre la tenue d’une enquête indépendante.

Dans ce document, plusieurs organisations nationales de droits humains , dont l’ORDEDH, la LHDDH, le RONDDH, l’OHDLP et le PNPDH , affirment avoir documenté, depuis neuf mois, des dérives administratives au sein du ministère dirigé par Jean-Michel Moïse.
Selon elles, les faits dénoncés concernent notamment une gestion opaque des fonds de renseignement ainsi que l’allocation de ressources publiques à des projets d’infrastructure sans existence physique avérée.
Les organisations rappellent avoir formellement saisi l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) par correspondance en date du 2 juin 2025. Cette plainte faisait état, entre autres, d’un système de « chèques zombies » et de pratiques assimilables à une spoliation du Trésor public.
À ce jour, elles déplorent l’absence de suites concrètes de la part des autorités de contrôle.
L’analyse technique menée par les signataires révèle également un usage détourné des cartes de débit institutionnelles.
Selon la note, des agents occupant des postes techniques ou administratifs auraient bénéficié de soldes atteignant plus de 528 000 gourdes. Certains cadres auraient même perçu des montants compris entre 300 000 et 600 000 gourdes. Des écarts jugés incompatibles avec les grilles salariales officielles, renforçant les soupçons d’un réseau interne de rétrocommissions.
Face à cette situation, les organisations expriment de sérieuses réserves quant à l’impartialité de la direction générale de l’ULCC. Elles estiment que son inaction porte atteinte à la crédibilité de l’institution et alimente les doutes sur son indépendance.
Considérant que le maintien en fonction du ministre constitue un obstacle à la manifestation de la vérité, elles exigent son écartement ainsi que celui de ses collaborateurs cités dans le dossier.
Les organisations préviennent qu’elles resteront mobilisées et déterminées à utiliser toutes les voies légales afin d’obtenir la récupération des fonds publics détournés. Elles concluent en rappelant que la reddition de comptes constitue une obligation fondamentale envers le peuple haïtien.
À titre de rappel, l’actuel directeur général du ministère, Jean Ronel Sistanis, avait publiquement mis en cause le ministre pour corruption lors d’un point de presse tenu le 2 février dernier. Il avait évoqué des détournements portant sur plusieurs millions de gourdes, réalisés avec la complicité présumée du chef de cabinet du ministre.
La Rédaction
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