Le Regroupement des Enseignants pour la Défense et la Réforme du Système Éducatif Haïtien (REDRESEH) a dressé un bilan sévère du passage de l’ancien ministre Augustin Antoine à la tête du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Dans le même temps, l’organisation syndicale interpelle le nouveau titulaire du ministère, Vijonet Déméro, qu’elle appelle à prendre rapidement des mesures concrètes pour répondre aux attentes des enseignants.

Décodage Info, 8 mars 2026- Dans un communiqué publié ce dimanche, le REDRESEH estime que la gestion d’Augustin Antoine a été marquée par l’absence de réformes structurelles et par des pratiques assimilées à du clientélisme politique.
L’organisation affirme que plusieurs nominations au sein du système éducatif auraient été effectuées sur la base d’affinités politiques plutôt que de compétences professionnelles, une situation qui, selon elle, aurait contribué à fragiliser davantage le fonctionnement de l’appareil éducatif.
Le regroupement déplore également que les revendications des enseignants n’aient pas été prises en compte durant cette période, alors même que ces derniers continuent de faire fonctionner un système éducatif déjà fortement éprouvé par de multiples difficultés. Pour le REDRESEH, le passage d’Augustin Antoine à la tête du MENFP laisse un bilan globalement négatif, notamment en raison du manque de réformes significatives.
Tout en prenant acte de la nomination du nouveau ministre Vijonet Déméro, l’organisation syndicale souligne que cette arrivée ne constitue en aucun cas un « chèque en blanc ». Elle appelle le nouveau responsable du MENFP à engager rapidement des actions concrètes afin d’améliorer les conditions de travail des enseignants et de contribuer au redressement du système éducatif haïtien.
Parmi les principales revendications avancées figurent la régularisation des enseignants toujours en attente de nomination, l’alignement salarial des enseignants du premier et du deuxième cycle, ainsi que l’ajustement des salaires des agents éducatifs.
Le regroupement réclame également la mise à disposition d’une carte de débit d’un montant de 25 000 gourdes, ainsi qu’une réforme du système d’assurance de l’Office d’Assurance Accidents du Travail, Maladie et Maternité (OFATMA), jugé inadapté aux besoins du personnel enseignant.
Selon l’organisation, une délégation du REDRESEH prévoit de se rendre dans les prochains jours au siège du MENFP, situé à Delmas 83, afin de remettre officiellement au ministre un cahier de revendications détaillant les principales attentes des enseignants.
Le regroupement affirme enfin qu’il restera vigilant face aux décisions qui seront prises par les autorités, estimant que seules des mesures concrètes et structurantes permettront d’améliorer durablement la gestion du système éducatif en Haïti.
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