Décodage Info, le 17 mars 2026.-
Lors d’une conférence de presse tenue le 16 mars 2026 au siège des Nations Unies à New York, l’expert indépendant William O’Neill a dressé un constat alarmant sur la situation des droits humains en Haïti.

Au terme d’une mission de dix jours dans le pays, il évoque une crise profonde. Il appelle à une action urgente, notamment en faveur des jeunes et contre l’impunité.
Selon l’expert, Haïti traverse un moment difficile mais prometteur. Certaines avancées sont observées, notamment la reprise de certains territoires et une coordination politique accrue.
Cependant, la situation reste critique. La violence a contraint au moins 1,4 million de personnes à fuir leur domicile, un niveau inédit dans l’histoire du pays.
Dans les camps de déplacés, les conditions de vie sont extrêmement précaires. Le manque d’eau potable et de nourriture aggrave la détresse. « Les gens luttent chaque jour pour survivre », a-t-il déclaré.
L’expert alerte également sur la montée des violences sexuelles dans les sites de déplacés. Ces zones, censées offrir refuge, sont devenues des espaces d’insécurité. Ce constat s’étend aux centres de détention. Après des visites à Port-au-Prince et au Cap-Haïtien, il décrit des conditions inhumaines et dégradantes.
Adultes et enfants y vivent dans une promiscuité extrême. L’insalubrité et le manque de soins aggravent la situation.
Une jeunesse particulièrement exposée
Les jeunes figurent parmi les premières victimes de cette crise. Ils évoluent dans des quartiers contrôlés par des groupes armés.
L’expert a rapporté le témoignage d’une jeune fille confrontée à une triple discrimination liée à son genre, sa pauvreté et son lieu de résidence.
Tout en reconnaissant la nécessité de lutter contre les gangs, William O’Neill appelle à plus de transparence. Il estime que la confiance du public dépend de la clarté du mandat des forces engagées.
Il s’inquiète aussi de certaines opérations utilisant des drones ayant causé des victimes civiles. Il rappelle que toute action sécuritaire doit respecter le droit international.
Face à la situation, l’expert exhorte le Conseil de sécurité de l’ONU à faire respecter l’embargo sur les armes. Il insiste également sur le rôle du système judiciaire. Selon lui, la lutte contre la corruption et l’impunité est essentielle pour stabiliser le pays.
Malgré le contexte, William O’Neill salue la résilience des journalistes, des défenseurs des droits humains et des citoyens engagés.
Il estime que ces acteurs constituent un rempart face à l’effondrement social.
Le rétablissement de la sécurité reste, selon lui, une condition indispensable pour reconstruire le tissu national. « Il n’y a plus de temps à perdre », a-t-il conclu.
Bencia Pascal
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