Haiti : 215 policiers kenyans rentrent à Nairobi, l’insécurité reste intacte

Cette semaine, 215 policiers kenyans de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSSM), appuyée par l’Organisation des Nations unies, ont quitté Port-au-Prince pour retourner à Nairobi, tandis que les contingents des Bahamas et de la Jamaïque avaient déjà quitté la capitale vendredi dernier. Officiellement, il s’agit d’une « phase de transition », mais en réalité, leur présence n’avait apporté aucun changement à l’insécurité que connaît le pays.

Annoncées comme une force capable de renverser le rapport de force face aux groupes armés, les unités kényanes n’ont, au fil des mois, offert aucune réponse structurelle à la crise sécuritaire. Ni reprise durable des territoires perdus, ni démantèlement significatif des réseaux criminels : leur présence s’est inscrite dans une forme d’immobilisme opérationnel, loin des attentes initiales. L’écart entre les promesses et les résultats est aujourd’hui difficile à masquer.

Les données publiées par l’Organisation des Nations unies confirment cette absence d’impact. En 2025, plus de 5 500 personnes ont été tuées dans des violences liées aux gangs, tandis qu’environ 2 500 enlèvements ont été recensés à travers le pays. Par ailleurs, plus de 300 000 personnes ont été déplacées, alors que près de 1,4 million d’Haïtiens sont affectés par la crise sécuritaire et humanitaire, illustrant l’ampleur de la situation.

Dans ce contexte, leur retrait progressif ne provoque ni inquiétude majeure, ni sentiment de perte stratégique. Il révèle plutôt une évidence : leur déploiement n’a pas modifié les dynamiques de violence existantes. L’insécurité persistante dans la capitale et au-delà témoigne de l’absence d’impact concret de cette mission sur le quotidien des citoyens.

Le départ simultané des contingents des Bahamas et de la Jamaïque vient renforcer cette impression d’un dispositif international en perte de vitesse. Cette composante régionale, pourtant porteuse d’une certaine légitimité symbolique, n’a pas davantage réussi à infléchir la situation. Leur retrait, discret mais significatif, confirme que la mission peine à justifier sa pertinence.

Au final, le départ des contingents étrangers montre que leur présence n’a jamais réellement servi. Les troupes partent, les promesses s’effacent, et l’insécurité reste intacte : une fois encore, Haïti paie le prix d’une intervention internationale inefficace.

Djeff Leurbours
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