Port-au-Prince, le 13 juillet 2026. – Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et l’UNICEF lancent un nouvel appel aux groupes armés opérant dans le pays pour qu’ils mettent immédiatement fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants. Cet appel intervient après la publication du rapport annuel 2025 du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés, qui dresse un tableau particulièrement alarmant de la situation en Haïti.

Dans une note conjointe publiée ce lundi, les deux agences saluent l’inscription des gangs Gran Grif, Kraze Barye et 400 Mawozo sur la liste des auteurs de violations graves commises contre les enfants. Ces groupes rejoignent la coalition Viv Ansanm, déjà inscrite lors du précédent cycle de rapport.
Selon le BINUH et l’UNICEF, cette décision renforce les mécanismes internationaux de responsabilisation en permettant de demander des comptes aux auteurs de violations graves et d’encourager la mise en œuvre de plans d’action visant à protéger les enfants.
Le rapport des Nations Unies révèle qu’en 2025, 2 088 violations graves ont été vérifiées contre 1 661 enfants en Haïti. Parmi elles figurent le recrutement et l’utilisation de 892 enfants par des groupes armés, ainsi que des meurtres, des mutilations, des violences sexuelles, des enlèvements, des attaques contre des écoles et des hôpitaux et des entraves à l’accès humanitaire.
Face à cette situation, le BINUH et l’UNICEF demandent aux groupes armés concernés de libérer sans délai tous les enfants enrôlés et de mettre un terme à ces pratiques. Les deux institutions réaffirment leur disponibilité à soutenir toutes les initiatives favorisant la libération pacifique des mineurs associés aux gangs.
Les agences onusiennes saluent également les efforts engagés par les autorités haïtiennes pour renforcer le système national de protection de l’enfance. Elles estiment que la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (DDR) doit continuer à placer la protection des enfants au centre de ses interventions.
Le BINUH et l’UNICEF rappellent que les enfants associés aux groupes armés doivent être considérés avant tout comme des victimes. Ils plaident pour leur prise en charge rapide par les services spécialisés afin de leur offrir un accompagnement adapté.
Le rapport met aussi en lumière les premiers résultats du programme PREJEUNES, lancé en 2025 par le gouvernement haïtien avec l’appui des Nations Unies après l’adoption du Protocole de transfert en 2024. Ce dispositif propose un accompagnement psychosocial, un accès à l’éducation, un soutien à la réunification familiale lorsque les conditions le permettent ainsi qu’une réinsertion communautaire. Au cours de l’année 2025, 573 enfants ont bénéficié de ces services.
En conclusion, le BINUH et l’UNICEF estiment que la protection durable des enfants passe par la responsabilisation des auteurs de violations, le renforcement du leadership des autorités haïtiennes ainsi que des investissements soutenus dans la prévention et la réinsertion. Les deux agences réaffirment leur engagement à accompagner l’État haïtien et ses partenaires afin d’offrir aux enfants un avenir à l’abri de la violence.
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