Face à l’insécurité, l’Accord de Montana rejette l’idée d’élections immédiates

Alors que le débat sur l’organisation des prochaines élections continue de diviser les acteurs haïtiens, l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana hausse le ton. Dans un communiqué publié ce mercredi, le Comité de pilotage affirme qu’il serait difficile d’organiser un scrutin crédible dans un pays où une grande partie de la population vit encore sous la menace des violences armées.

Décodage 22 juillet 2026

Les responsables de l’Accord de Montana réagissent aux récentes déclarations du Représentant spécial du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), selon lesquelles l’insécurité ne devrait pas empêcher la tenue des élections. Pour les signataires, cette position ne tient pas suffisamment compte de la réalité quotidienne des Haïtiens, marquée par les attaques des groupes armés, les déplacements de familles et la fragilité persistante des institutions de l’État.

L’organisation critique également le discours des autorités qui évoquent une amélioration de la situation sécuritaire. Selon elle, cette appréciation est loin du vécu de nombreuses communautés encore confrontées à la peur, à l’instabilité et aux conséquences directes de la violence. Les signataires rappellent que plusieurs partenaires internationaux continuent eux aussi d’exprimer de sérieuses inquiétudes sur l’évolution de la crise.

L’Accord de Montana met particulièrement en avant la situation des départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre, des zones qui représentent une importante partie de l’électorat national. Pour le Comité de pilotage, l’influence des groupes armés dans ces régions risque de limiter la participation de nombreux citoyens et de fragiliser la crédibilité d’un éventuel processus électoral.

Mais pour les signataires, le problème haïtien ne se résume pas uniquement à l’insécurité. Ils estiment que la crise actuelle trouve également ses racines dans les difficultés de gouvernance, le manque de confiance envers les institutions, l’absence de consensus politique, ainsi que les problèmes persistants de corruption et d’impunité.

L’Accord de Montana rappelle avoir engagé des démarches auprès du BINUH, de la CARICOM, de l’Organisation des États américains (OEA) et du Conseil de sécurité des Nations Unies afin de faire valoir son analyse de la situation. Ses représentants continuent de défendre une approche politique avant toute organisation d’élections.

Pour l’Accord de Montana, aller rapidement vers les urnes sans résoudre les problèmes de sécurité et de gouvernance pourrait davantage accentuer la crise. L’organisation appelle donc à une démarche plus large, basée sur le dialogue, le rétablissement de l’autorité de l’État et la reconstruction de la confiance entre les citoyens et les institutions.

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