À quelques semaines de la rentrée scolaire, le Collectif des Directeurs d’École pour la Résilience de l’Éducation en Haïti (CODEREH) tire la sonnette d’alarme. Réuni en conférence de presse ce mercredi, le collectif a dénoncé l’abandon des établissements scolaires victimes de l’insécurité et averti que plusieurs écoles ne pourront pas accueillir les élèves tant que les autorités n’auront pas apporté un soutien réel aux institutions déplacées par la violence des gangs.

Port-au-Prince, le 29 juillet 2026
Le coordonnateur du CODEREH, Louis Wilbert, a affirmé que de nombreuses écoles vivent depuis plus de trois ans dans une situation de grande précarité après avoir été contraintes de quitter leurs locaux, détruits, pillés ou occupés par des groupes armés. Il a précisé que le collectif ne mène aucun combat politique, mais réclame simplement le respect du droit à l’éducation et une prise en charge des établissements durement affectés par la crise.
Selon lui, les infrastructures scolaires autrefois destinées à former les jeunes sont aujourd’hui inaccessibles, certaines ayant été incendiées ou transformées en bases de groupes criminels. Cette réalité empêche les responsables d’établissement de reprendre leurs activités dans des conditions normales.
Louis Wilbert a également appelé le Ministère de l’Éducation nationale et le Fonds National de l’Éducation (FNE) à engager rapidement un dialogue avec le CODEREH afin d’élaborer un plan de soutien avant le lancement de l’année académique 2026-2027. Il déplore que, malgré les nombreuses promesses faites autour de la relance du système éducatif, aucune réponse concrète n’ait été apportée aux écoles directement frappées par l’insécurité.
Le responsable du collectif a expliqué que plusieurs établissements sont actuellement contraints de partager les mêmes espaces afin de poursuivre tant bien que mal les activités pédagogiques. Dans certains cas, jusqu’à quinze écoles doivent fonctionner dans un seul local, une situation qui compromet gravement la qualité de l’enseignement et complique le travail des enseignants comme des administrateurs.
Face à cette impasse, le CODEREH se montre catégorique : sans accompagnement de l’État, la réouverture des écoles concernées n’aura pas lieu. Le collectif estime que la fixation de la rentrée scolaire au 7 septembre ne peut être réaliste tant que les autorités n’auront pas créé les conditions permettant aux établissements déplacés de reprendre leurs activités en toute sécurité.
Intervenant également lors de la conférence, Véluc Méroné a attiré l’attention sur les difficultés financières qui frappent les familles haïtiennes. Selon lui, de nombreux parents ne parviennent plus à assumer les dépenses liées à la scolarité de leurs enfants, ce qui accentue les problèmes financiers des écoles. Plusieurs établissements éprouvent désormais d’importantes difficultés à rémunérer leur personnel enseignant et à assurer leur fonctionnement quotidien.
À travers cette mobilisation, le CODEREH appelle les autorités à agir sans délai afin de préserver le droit à l’éducation de milliers d’enfants et d’éviter qu’une nouvelle année scolaire ne soit lourdement perturbée par les conséquences de l’insécurité.
Jean Gilles Désinord
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