À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, le secteur éducatif haïtien est de nouveau confronté à de fortes inquiétudes. Le Regroupement des Enseignants pour la Défense et la Réforme du Système Éducatif Haïtien (REDRESEH) demande au gouvernement de prendre des mesures urgentes pour répondre aux revendications des enseignants et éviter une nouvelle période de tensions dans les écoles.

Port-au-Prince, le 11 août 2026–
Dans une correspondance datée du 10 août 2026 et adressée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le REDRESEH dresse un constat préoccupant de la situation des personnels éducatifs. L’organisation syndicale estime que plusieurs engagements et revendications demeurent sans réponse concrète, alors que la nouvelle année scolaire approche.
Le regroupement rappelle que les enseignants réclament depuis plus de deux ans une amélioration de leurs conditions de travail et de vie. Selon le REDRESEH, cette longue période d’attente a considérablement accru la frustration au sein du corps enseignant.
L’organisation revient également sur l’accord conclu le 20 janvier 2025 entre plusieurs plateformes syndicales et le gouvernement. Le REDRESEH précise avoir rejeté cet accord, considérant qu’il ne prenait pas suffisamment en compte l’ensemble des difficultés auxquelles sont confrontés les travailleurs de l’éducation.
Des revendications toujours en attente
Au cœur de la démarche du REDRESEH figurent plusieurs demandes considérées comme prioritaires. L’organisation réclame notamment la nomination des enseignants qualifiés qui exercent depuis plus de cinq ans dans les salles de classe.
Elle demande également une révision de la situation salariale des enseignants du premier et du deuxième cycle fondamental, ainsi qu’un ajustement des rémunérations tenant compte de l’augmentation du coût de la vie.
Autre revendication : l’octroi d’une carte de débit de 25 000 gourdes aux enseignants. Le REDRESEH réclame par ailleurs la mise en œuvre effective de la carte d’assurance de l’OFATMA, afin de permettre aux personnels concernés de bénéficier réellement de cette couverture.
Pour le syndicat, ces mesures ne peuvent plus être considérées comme de simples revendications sectorielles. Elles touchent directement aux conditions dans lesquelles les enseignants exercent leur profession et, par conséquent, à la qualité du système éducatif.
Pas de volonté affichée de bloquer la rentrée
Malgré la fermeté de son message, le REDRESEH affirme ne pas souhaiter une rentrée scolaire marquée par une grève. L’organisation dit privilégier le dialogue avec les autorités et la recherche de solutions négociées.
Elle prévient cependant que la patience des enseignants est désormais fortement éprouvée après plusieurs années d’attente.
Le regroupement appelle donc le gouvernement à intervenir avant le début des cours afin de désamorcer les tensions et d’éviter qu’un nouveau conflit social ne vienne perturber le fonctionnement des établissements scolaires.
Un appel aux parents et à la société
Le REDRESEH ne limite pas son appel aux autorités publiques. Il souhaite également attirer l’attention des parents d’élèves, des médias, des organisations de la société civile, de la population haïtienne et de la communauté internationale sur la situation des enseignants.
L’organisation affirme que sa démarche vise avant tout à prévenir une éventuelle crise plutôt qu’à remettre en cause le calendrier scolaire.
Pour le REDRESEH, les enseignants ont déjà consenti d’importants sacrifices et ne devraient plus être contraints de travailler dans des conditions qu’il juge incompatibles avec leur dignité et leurs besoins économiques.
À quelques semaines de la rentrée 2026-2027, le message adressé au gouvernement est donc clair : des décisions doivent être prises rapidement pour réduire les tensions et créer les conditions nécessaires au bon déroulement de l’année scolaire.
Jean Gilles Désinord
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