Derrière les chiffres, il y a des familles endeuillées, des proches qui attendent des réponses et une population qui réclame simplement de pouvoir vivre en sécurité. C’est dans ce contexte que l’avocat et défenseur des droits humains, Me Arnel Rémy, a décidé de saisir la justice après le massacre rapporté à Kenscoff.

Me Rémy a déposé ce lundi une plainte au greffe du cabinet d’instruction de Delmas 75 contre le Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN). Cette démarche fait suite à une attaque attribuée à des groupes armés liés à Viv Ansanm, au cours de laquelle plus de 45 personnes auraient perdu la vie, selon les informations rapportées.
Pour Me Rémy, il ne suffit pas de compter les victimes. Il faut aussi chercher à comprendre ce qui s’est passé, établir les responsabilités et rendre justice aux familles qui ont perdu un proche.
« La population civile doit obtenir justice. Tous ceux qui ont la responsabilité d’assurer la sécurité du peuple et qui ne le font pas doivent répondre devant la justice », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés.
La plainte vise les membres du CSPN, parmi lesquels le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le ministre de la Défense Mario Andresol, le ministre de la Justice Patrick Pélissier, le ministre de l’Intérieur Paul Antoine Bien-Aimé ainsi que le directeur général de la Police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison.
Au-delà de la procédure judiciaire, cette plainte met en lumière une question qui revient avec insistance dans la société haïtienne : qui doit répondre lorsque des citoyens sont tués alors que l’État a la responsabilité de les protéger ?
À Kenscoff, comme dans d’autres zones touchées par la violence armée, les victimes ne sont pas seulement des statistiques. Ce sont des parents, des enfants, des voisins et des membres d’une communauté aujourd’hui confrontée au deuil et à la peur.
La justice devra maintenant examiner la plainte et les éléments qui l’accompagnent afin de déterminer les responsabilités éventuelles. En attendant, les familles des victimes continuent de réclamer ce qu’elles considèrent comme un droit fondamental : la vérité et la justice.
Les accusations formulées dans le cadre de cette procédure devront toutefois être établies par la justice et ne constituent pas, à ce stade, une déclaration de culpabilité.
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