Port-au-Prince, 7 septembre 2026. La rentrée scolaire 2026-2027 débute ce lundi dans un climat de contestation. À la veille de la reprise des classes, l’Union nationale des normaliens-normaliennes haïtiens (UNNOH), le Collectif des enseignants pour la nouveauté de l’éducation en Haïti (CENEH) et la Centrale unitaire des travailleurs et travailleuses des secteurs public et privé d’Haïti (CUTRASEPH) ont renouvelé leurs critiques contre la gestion du secteur éducatif par les autorités.

Réunies en conférence de presse vendredi dernier à Delmas, les trois organisations ont estimé que les conditions ne sont pas réunies pour une rentrée scolaire normale. Elles dénoncent notamment les difficultés auxquelles sont confrontés les enseignants et les familles, dans un contexte économique particulièrement difficile.
Les syndicats reprochent également au gouvernement, notamment au Premier ministre et au ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Demero, de ne pas avoir apporté de réponses suffisantes à leurs revendications.
Face à cette situation, l’UNNOH, le CENEH et la CUTRASEPH maintiennent leur appel au boycott de la rentrée sous l’actuelle administration. Ils réclament une prise en compte des conditions de travail des enseignants et des difficultés des parents avant de parler d’une véritable amélioration du système éducatif.
Le FNE au centre des critiques
La gestion du Fonds national d’éducation (FNE) constitue également un point majeur des critiques syndicales. Les trois organisations dénoncent ce qu’elles qualifient de politisation de l’institution et mettent en cause la gestion de sa nouvelle directrice générale, Jefnie Toussaint.
Elles contestent notamment les modalités appliquées dans le cadre du programme de subvention scolaire. Selon les syndicats, ces dispositions ont créé de la confusion chez de nombreux parents qui cherchaient à bénéficier de l’aide destinée aux familles.
Les organisations demandent ainsi davantage de clarté et de transparence dans la gestion du programme, afin que les bénéficiaires puissent accéder aux subventions dans des conditions équitables.
Des accusations de brutalité policière
Les syndicats dénoncent par ailleurs le traitement réservé à certains parents qui se sont présentés dans les locaux du FNE. Ils rapportent que plusieurs d’entre eux auraient été confrontés à des interventions policières et à l’utilisation de gaz lacrymogènes.
Selon les organisations, des parents ayant effectué des déplacements et entrepris des démarches pour bénéficier du programme seraient finalement repartis sans obtenir l’aide recherchée.
L’UNNOH, le CENEH et la CUTRASEPH réclament que les bénéficiaires soient accueillis dans des conditions respectueuses et que les dispositifs de soutien aux familles ne deviennent pas une source supplémentaire de difficultés.
L’accord du 20 janvier 2025 toujours au cœur des revendications
Au-delà de la rentrée, les trois organisations réaffirment leur demande de voir appliquer intégralement l’accord conclu le 20 janvier 2025. Elles réclament notamment des améliorations dans les conditions de travail des enseignants ainsi que le respect des engagements pris par l’État envers le secteur éducatif.
Pour les syndicats, l’ouverture des portes des établissements scolaires ne suffit pas à régler les problèmes du système. Ils estiment que la rentrée doit également s’accompagner de mesures concrètes en faveur des enseignants, des élèves et des parents.
Alors que les établissements scolaires reprennent leurs activités ce lundi, les organisations syndicales maintiennent donc leur pression sur les autorités et appellent le gouvernement à revoir sa gestion du secteur éducatif.
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