Port-au-Prince, 12 septembre 2026 — Le gouvernement et le Conseil électoral provisoire (CEP) se préparent à modifier plusieurs dispositions du décret électoral, dans un contexte politique marqué par de profondes divergences sur les conditions d’organisation des prochaines élections. À l’issue d’une rencontre entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et les membres du CEP, un accord aurait été trouvé sur plusieurs amendements qui devraient être introduits dans le texte au cours de la semaine prochaine.

Les changements envisagés concernent notamment certains alinéas de l’article 153 ainsi que l’article 388, relatif aux conditions de démission des maires souhaitant se porter candidats. Les dispositions portant sur les montants exigés des candidats devraient également être revues. Pour la présidentielle, le montant de la caution passerait ainsi de 2 millions à 1 million de gourdes, selon les informations disponibles.
Malgré ces ajustements, la tenue des élections annoncées pour le 13 décembre 2026 demeure incertaine. Le calendrier fait face à plusieurs obstacles, notamment la dégradation de la situation sécuritaire et les désaccords persistants entre les acteurs politiques.
L’opposition considère que les conditions actuelles ne permettent pas l’organisation d’élections véritablement crédibles et inclusives. Elle réclame notamment une amélioration substantielle de la sécurité avant tout retour aux urnes.
La position du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé constitue également l’un des principaux points de friction. Ses adversaires politiques lui reprochent de disposer de sa propre plateforme politique tout en dirigeant l’Exécutif chargé de conduire le pays vers les élections.
Pour une partie de l’opposition, cette situation pose la question de la neutralité du pouvoir dans la compétition électorale. Elle estime qu’en cas de non-tenue des élections à la date prévue, le Premier ministre devrait quitter ses fonctions afin de permettre une nouvelle configuration politique susceptible de faciliter la poursuite du processus.
La modification annoncée du décret pourrait ainsi dépasser le simple cadre juridique. Elle risque de devenir un nouvel épisode de la bataille politique autour du contrôle du processus électoral, de la neutralité des institutions et des conditions d’un éventuel retour à l’ordre constitutionnel.
Junior Garçon
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