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Des munitions détournées en République dominicaine retrouvées chez le gang 400 Mawozo

Port-au-Prince, vendredi 9 octobre 2026. — Des munitions provenant de stocks des forces de sécurité dominicaines ont été retrouvées entre les mains du gang 400 Mawozo et d’autres groupes armés en Haïti. Dans son rapport final publié en 2026, le Groupe d’experts des Nations Unies sur Haïti documente plusieurs cas de détournement de munitions en République dominicaine, tout en soulignant que leur parcours exact jusqu’aux groupes armés haïtiens n’est pas toujours établi.

Selon un précédent rapport du Groupe d’experts, les autorités dominicaines avaient découvert le détournement de 908 001 articles, principalement des munitions, à la suite d’une enquête ouverte en 2024. L’inventaire avait notamment révélé la disparition de plus de 489 000 cartouches de calibre 9 mm, de 230 000 cartouches de calibre 5,56 × 45 mm et de 26 000 cartouches de calibre 7,62 × 39 mm, ainsi que de 93 000 cartouches de calibre 12.

Le rapport final de 2026 apporte de nouveaux éléments concernant le gang 400 Mawozo. Lors de l’examen de 89 cartouches de calibre 5,56 mm récupérées auprès de ce groupe en 2025, les experts ont identifié 25 cartouches portant le marquage de l’armée dominicaine et 16 autres présentant des caractéristiques correspondant à des munitions précédemment identifiées comme provenant de stocks détournés de la police dominicaine.

Les investigations ont également mis en évidence un autre cas. En décembre 2025, un sous-lieutenant de l’armée dominicaine et un ressortissant haïtien ont été arrêtés dans la province de San Juan de la Maguana alors qu’ils transportaient 1 516 cartouches à moto. D’après les informations communiquées aux experts de l’ONU par les autorités dominicaines, la procédure judiciaire était toujours en cours au moment de la rédaction du rapport.

Le document souligne toutefois que la présence de munitions dominicaines dans les arsenaux des groupes armés ne permet pas, à elle seule, d’établir une responsabilité directe du gouvernement dominicain dans le financement de l’insécurité en Haïti. Les experts évoquent notamment des détournements impliquant des membres corrompus des forces de sécurité et des circuits de trafic transfrontalier.

Le Groupe d’experts indique par ailleurs que le gang 400 Mawozo, dirigé par Wilson Joseph, connu sous le nom de « Lanmò San Jou », figure parmi les principaux acteurs du trafic illicite d’armes et de munitions vers Haïti. Sa proximité avec la frontière dominicaine lui offre plusieurs possibilités d’approvisionnement, notamment par les passages frontaliers de Malpasse et de Belladère ainsi que par les abords du lac de l’Étang Saumâtre.

Ces révélations mettent en évidence les difficultés auxquelles font face les autorités haïtiennes et dominicaines pour empêcher le transfert d’armes et de munitions vers les groupes armés. Elles soulèvent également des questions sur la gestion des stocks militaires et policiers, le contrôle des frontières et les mécanismes de lutte contre les réseaux de trafic.

À ce stade, les éléments publiés par l’ONU documentent des détournements de munitions et leur présence dans les arsenaux de gangs haïtiens. Ils ne constituent cependant pas une preuve que le gouvernement dominicain finance délibérément ces groupes armés.

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