Montréal, 17 octobre 2026. La controverse autour du roman C’était ça ou mourir n’a pas conduit les Éditions du Boréal à abandonner définitivement un autre projet littéraire de l’écrivain haitiano-canadien Thélyson Orélien. La maison d’édition montréalaise a confirmé avoir conclu avec l’auteur un contrat portant sur un deuxième roman consacré aux gangs de rue, selon des informations rapportées le vendredi 16 octobre par le quotidien québécois La Presse.

Ce projet avait été soumis à l’éditeur avant le manuscrit de C’était ça ou mourir, aujourd’hui au centre d’une polémique liée à des accusations de plagiat concernant des textes antérieurs de l’écrivain et à des soupçons d’utilisation de l’intelligence artificielle dans son dernier livre.
Âgé de 38 ans et établi au Canada, Thélyson Orélien avait présenté ce premier manuscrit aux Éditions du Boréal en décembre 2024. La maison d’édition avait alors choisi de différer son examen. Cette décision s’expliquait notamment par le fait que l’écrivain Dany Laferrière travaillait sur un ouvrage abordant une thématique comparable, alors que le calendrier de publication de l’éditeur était déjà chargé.
Dans un entretien accordé à La Presse, Renaud Roussel, codirecteur général des Éditions du Boréal, a confirmé l’existence d’un engagement contractuel concernant ce deuxième roman. Le projet reste cependant en suspens. L’éditeur avait indiqué à l’auteur qu’il reprendrait contact avec lui ultérieurement.
En septembre 2025, Thélyson Orélien a soumis un autre manuscrit, C’était ça ou mourir, également proposé aux éditions Leméac. Le texte a retenu l’attention du Boréal, qui a engagé le travail éditorial en vue de sa publication. L’impression du livre a débuté le 27 janvier 2026.
La confiance de l’éditeur mise à l’épreuve
La publication éventuelle du deuxième roman dépend désormais de l’évolution des discussions entre l’auteur et son éditeur. Renaud Roussel a reconnu la gravité des cas de plagiat documentés concernant des textes antérieurs de Thélyson Orélien, tout en précisant que la possibilité d’une nouvelle collaboration n’était pas définitivement écartée.
La maison d’édition devra notamment évaluer les explications de l’écrivain et les garanties qu’il sera en mesure de fournir avant de décider de poursuivre ou non le projet. La confiance entre les deux parties apparaît ainsi comme un élément déterminant pour la suite de cette collaboration.
La controverse porte également sur les soupçons d’utilisation de l’intelligence artificielle dans C’était ça ou mourir. Selon les déclarations rapportées par La Presse, Renaud Roussel estime que les éléments disponibles ne permettent pas d’établir une certitude absolue sur cette question. Le livre demeure donc en librairie, laissant aux lecteurs la possibilité de se faire leur propre opinion sur l’œuvre.
Le maintien du roman sur le marché s’inscrit aussi dans le cadre des obligations contractuelles de l’éditeur. Celui-ci doit continuer à assurer son exploitation commerciale et à répondre à la demande. Les Éditions du Boréal ont néanmoins ralenti le rythme des réimpressions, sans y mettre un terme.
L’avenir du deuxième roman de Thélyson Orélien reste ainsi incertain. Si le contrat existe toujours, sa concrétisation dépendra de la capacité de l’écrivain à rétablir la confiance de son éditeur dans un contexte où les questions de plagiat, d’authenticité littéraire et de recours à l’intelligence artificielle occupent une place centrale dans le débat autour de son travail.
Francesca Laury
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