Port-au-Prince, 4 novembre 2026. Le président salvadorien, Nayib Bukele, met en cause les complicités internes dans la dégradation de la situation sécuritaire en Haïti. Dans une déclaration qui lui est attribuée, le dirigeant affirme que les acteurs responsables de la trahison de Jean-Jacques Dessalines seraient toujours présents dans le pays et que certains continueraient, aujourd’hui, à financer et à armer les groupes criminels.

Tout en reconnaissant la responsabilité de puissances étrangères dans le pillage historique d’Haïti, Nayib Bukele souligne également le rôle de certains nationaux dans cette entreprise de destruction. Une lecture qui dépasse la seule question de l’intervention étrangère et replace au centre du débat les responsabilités des acteurs haïtiens dans la persistance de la crise.
Cette sortie intervient alors que le pays demeure confronté à une violence armée persistante, marquée par l’expansion des gangs, les déplacements massifs de populations et l’affaiblissement continu des institutions publiques. Elle soulève notamment la question des réseaux politiques et économiques qui pourraient contribuer au maintien de cette insécurité, malgré les opérations annoncées pour rétablir l’ordre.
Les propos du président salvadorien interpellent ainsi les autorités haïtiennes, mais également les secteurs économiques dont certains membres sont régulièrement soupçonnés de relations avec les groupes armés. La question du financement des gangs demeure l’un des principaux enjeux de la crise, dans la mesure où la capacité de ces organisations à se procurer des armes et à maintenir leur emprise territoriale suppose l’existence de ressources et de réseaux de soutien.
Par ailleurs, des interrogations sont soulevées concernant les ressources annoncées pour l’acquisition de matériels destinés à la Police nationale d’Haïti (PNH). Le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, est visé par des allégations faisant état d’importants décaissements qui auraient été effectués à cette fin, alors que l’acquisition effective des équipements concernés est contestée. En l’absence de documents et de confirmations indépendantes, ces accusations nécessitent des vérifications et une réponse officielle des autorités.
Dans un pays où les forces de l’ordre réclament des moyens supplémentaires pour faire face aux groupes armés, la transparence dans la gestion des fonds publics consacrés à la sécurité constitue une exigence incontournable. Toute irrégularité éventuelle dans l’utilisation de ces ressources devrait faire l’objet d’un examen rigoureux et, le cas échéant, de poursuites judiciaires.
Au fond, les déclarations de Nayib Bukele ramènent le débat à une question essentielle : qui profite réellement de l’insécurité en Haïti ? Alors que la population continue de payer le prix de la violence, l’identification des sources de financement, des fournisseurs d’armes et des éventuelles complicités demeure indispensable.
La restauration de la sécurité ne dépendra pas uniquement des interventions policières. Elle exige également une volonté politique réelle de démanteler les réseaux qui alimentent la criminalité, de garantir la transparence dans la gestion des ressources publiques et de poursuivre tous les responsables, sans distinction de statut ni de pouvoir.
Junior Garçon
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