L’Union européenne (UE) et le Mercosur ont paraphé, samedi 17 janvier, un traité historique, donnant naissance à l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde.

Décodage Info, 17 janvier 2026
L’UE et le Mercosur ont signé, le même jour, un accord commercial prévoyant la suppression des droits de douane sur plus de 90 % des échanges bilatéraux. Celui-ci vise notamment à favoriser les exportations européennes d’automobiles, de machines, de produits chimiques, de vins et de spiritueux.
En contrepartie, les pays sud-américains bénéficieront d’un accès facilité au marché européen pour plusieurs produits agricoles, notamment le bœuf, la volaille, le sucre, le riz, le miel et le soja, dans le cadre de quotas de produits détaxés, une disposition qui suscite de vives inquiétudes parmi les filières concernées.
À eux deux, l’UE et le Mercosur représentent près de 30 % du PIB mondial et regroupent plus de 700 millions de consommateurs. Comme l’a souligné Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, les deux blocs font le choix « d’un commerce juste plutôt que des droits de douane, et d’un partenariat productif à long terme plutôt que de l’isolement ».
De son côté, Santiago Peña, président du Paraguay et actuel détenteur de la présidence tournante du Mercosur, a estimé que cet accord constitue un « signal clair en faveur du commerce international » dans un contexte mondial marqué par de fortes tensions économiques et géopolitiques.
Négocié depuis 1999 entre l’Union européenne et les pays fondateurs du Mercosur , l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay , le traité a récemment obtenu le soutien d’une majorité d’États membres de l’UE, malgré l’opposition persistante de plusieurs pays, dont la France.
De part et d’autre de l’Atlantique, de nombreuses voix s’élèvent toutefois contre cet accord. En Amérique du Sud, certains redoutent ses effets sur les entreprises locales, confrontées à une concurrence accrue.
En Europe, les opposants estiment que le traité pourrait fragiliser l’agriculture européenne, en favorisant l’importation de produits à bas coût ne respectant pas toujours les normes environnementales et sanitaires de l’UE, en raison de contrôles jugés insuffisants.
Ces inquiétudes ont donné lieu à de fortes mobilisations d’agriculteurs et d’éleveurs dans plusieurs pays européens, notamment en Belgique, en France, en Pologne et en Irlande, où des manifestations ont été organisées contre la signature de l’accord.
Face à ces contestations, la Commission européenne a élaboré, ces derniers mois, une série de clauses de sauvegarde et de concessions, prévoyant des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles, afin de répondre aux préoccupations des secteurs affectés.
La Rédaction
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