Dans la commune de Carrefour, qui compte près de 500 000 habitants, l’autorité de l’État s’est progressivement effritée au profit de groupes armés qui imposent leurs propres règles. Selon une enquête publiée par AyiboPost, le gang dirigé par Krisla Chéry a renforcé son contrôle sur plusieurs quartiers depuis le départ des derniers policiers dans certaines zones, survenu en 2024. Dans ces secteurs, la présence des hommes armés structure désormais la vie quotidienne, instaurant un climat de peur et d’arbitraire.

Décodage Info, 15 mars 2026– Un incident survenu en mars 2025 à Arcachon 32 illustre la brutalité de cette domination. Une querelle entre voisins autour de l’utilisation d’un robinet a rapidement dégénéré lorsque Bosal, un chef de gang opérant dans la zone, a été appelé pour trancher le différend. Arrivé avec plusieurs hommes, il aurait enlevé trois membres d’une des familles impliquées.
Parmi eux se trouvait Raphaella, 26 ans, qui affirme avoir été retenue captive, battue et violée avec sa cousine pendant plusieurs jours avant leur libération.Après cet épisode traumatisant, les deux jeunes femmes ont dû quitter la commune sous la menace directe de Bosal, considéré comme l’un des lieutenants de Krisla.
Selon plusieurs témoignages, ce dernier a réparti ses hommes dans des secteurs stratégiques tels que Diquini, Bizoton, Arcachon et Mon Repos afin d’étendre son influence. Ces responsables locaux prélèvent des taxes illégales sur les commerces, imposent des paiements forcés aux habitants et gèrent même des lieux de détention clandestins pour punir ceux qui contestent leur autorité.
Cette forme de justice improvisée s’affiche désormais ouvertement sur les réseaux sociaux.
En juillet 2025, une vidéo largement partagée montrait l’interrogatoire d’une jeune femme accusée d’avoir abandonné son bébé de six mois. Une voix menaçante avertissait que toute personne coupable d’un acte similaire serait enfermée et contrainte de payer une amende pour recouvrer sa liberté.
Dans une autre séquence diffusée quelques semaines plus tôt, une adolescente de quinze ans apparaissait le visage tuméfié, sommée de s’expliquer devant Krisla après avoir poignardé son petit ami, qui l’aurait battue. Ces images et témoignages révèlent la consolidation d’un système parallèle où les gangs se substituent aux institutions publiques.
Dans une commune déjà fragilisée par l’insécurité et la pauvreté, les populations les plus vulnérables , femmes, enfants et jeunes , subissent de plein fouet les abus et humiliations. En l’absence d’une réponse efficace des autorités, la population reste prisonnière d’un ordre imposé par la force, où la loi des armes prévaut sur toute forme de justice officielle.
La Rédaction
DÉCODAGE lNFO







