Décodage Info, le 30 janvier 2026.-
Le Ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), à travers sa Cellule Énergie, en collaboration avec l’Autorité nationale de régulation du secteur de l’énergie (ANARSE), a organisé, ce jeudi 29 janvier 2026, un atelier de réflexion sur l’énergie en Haïti (AREH). Cette rencontre, consacrée aux principaux enjeux du secteur énergétique, s’inscrit dans le processus de réforme engagé par les autorités, en prélude aux États généraux de l’énergie à l’horizon 2050.

L’atelier vise notamment à renforcer la gouvernance du secteur, définir une feuille de route stratégique pour la période 2027–2032 et améliorer la coordination entre les acteurs publics et privés. Plusieurs responsables institutionnels ont pris part aux travaux, dont le ministre du MTPTC, Raphaël Hosty, et le directeur général de l’Électricité d’Haïti (EDH), Jean Errol Morose.
Selon le directeur général de l’ANARSE, Evenson Calixte, le secteur énergétique haïtien fait face à de nombreux défis structurels, notamment le faible taux d’accès à l’électricité, la forte dépendance aux combustibles fossiles, l’état dégradé des infrastructures et la faiblesse de la gouvernance. Moins de 30 % de la population dispose d’un accès régulier à l’électricité, pour une capacité effective estimée à environ 30 mégawatts, alors que la demande nationale se situe entre 500 et 800 mégawatts. Les pertes techniques et commerciales dépasseraient 50 %, compromettant la viabilité financière du système et décourageant les investissements.

La feuille de route 2027–2032, issue de consultations avec les parties prenantes, propose une série de mesures visant à amorcer une dynamique durable d’électrification. L’objectif, selon les responsables, n’est pas de résoudre l’ensemble des problèmes à court terme, mais de rétablir la confiance par une gouvernance plus transparente et de jeter les bases d’un système électrique plus stable et équitable.
Le projet prévoit notamment, d’ici 2032, d’améliorer l’accès à une électricité fiable en misant sur des solutions décentralisées, tout en renforçant la viabilité financière des réseaux existants et en favorisant un climat plus attractif pour les investisseurs privés.
De son côté, le coordonnateur de la Cellule Énergie du MTPTC, l’ingénieur Léonidas Pierre Davoust, a appelé à une certaine flexibilité dans la mise en œuvre des projets afin de respecter des délais réalistes. Il indique que les initiatives en cours devraient permettre d’alimenter près de 10 000 ménages, soit environ 50 000 personnes, et plaide pour une mobilisation collective autour des priorités du secteur.
Il a également mis en avant le potentiel solaire du pays, rappelant qu’Haïti bénéficie en moyenne de 5,5 heures d’ensoleillement par jour, contre environ 3 heures en Allemagne, l’un des leaders européens en matière d’énergie solaire. Selon lui, l’adoption de technologies adaptées pourrait permettre de mieux exploiter cette ressource.
À terme, les projections du projet tablent sur une hausse du taux d’accès national à l’électricité, de moins de 30 % actuellement à au moins 60 %, la création de 250 000 nouveaux raccordements, dont 150 000 via des solutions décentralisées, l’augmentation de la capacité de production fiable des réseaux hors Port-au-Prince à 75 mégawatts, ainsi que l’intégration d’au moins 30 mégawatts d’énergie solaire dans le mix énergétique national.
La Rédaction
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