Décodage Info, 3 février 2026
Le Conseil de l’Université d’État d’Haïti (CUEH) a publié une note de dénonciation concernant les récentes décisions du Pouvoir exécutif relatives à l’enseignement supérieur en Haïti.

Selon cette note, ces mesures sont prises en dehors des normes constitutionnelles et portent gravement atteinte à l’autonomie et à l’indépendance de l’UEH, garanties par la Constitution haïtienne de 1987, notamment aux articles 32, 208 et 209.
Dans sa note, le CUEH rappelle que depuis l’adoption du Décret du 11 mars 2020, il a multiplié les démarches pour signaler le caractère anticonstitutionnel de ce texte et en demander la suspension. Une résolution adoptée le 25 novembre 2020 alertait déjà les autorités publiques sur les risques liés à l’application de ce décret. Par la suite, le Rectorat de l’Université d’État d’Haïti a adressé plusieurs correspondances aux instances exécutives, notamment les 27 août 2025 et 4 novembre 2025, afin de solliciter un dialogue institutionnel et une concertation nationale sur les réformes de l’enseignement supérieur (note de dénonciation, CUEH).
Malgré ces démarches, le décret a été adopté en Conseil des ministres le 18 décembre 2025 et publié dans « Le Moniteur » le 30 décembre 2025. L’installation de l’organe de régulation qui en découle, selon le CUEH, aggrave la situation, car elle se fait de manière unilatérale et en dehors du cadre légal et constitutionnel (note de dénonciation, CUEH).
Le CUEH souligne que, bien que la régulation de l’enseignement supérieur soit nécessaire, ces décisions unilatérales menacent la stabilité institutionnelle, aggravent les tensions nationales et mettent en péril la mission de service public de l’UEH. La note précise que l’Université d’État d’Haïti a toujours été un pilier de la défense des principes démocratiques, s’opposant aux velléités autoritaires de diverses époques.
En conséquence, le CUEH exige le retrait immédiat du décret du 11 mars 2020 et de toutes les mesures administratives qui en découlent. La note appelle également le Pouvoir exécutif, les acteurs politiques et la société civile, en particulier le secteur universitaire, à s’engager dans des réformes profondes fondées sur le dialogue, la concertation et la primauté de l’intérêt national.
La Rédaction
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