À quelques heures d’une échéance aux conséquences potentiellement dramatiques, la justice fédérale américaine a suspendu, lundi soir, la décision de l’administration Trump mettant fin au Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens. La juge fédérale Ana C. Reyes, siégeant à Washington, a estimé que le Département de la Sécurité intérieure (DHS) avait agi en violation de la loi.

Décodage Info, le 2 février 2026
Cette injonction empêche, pour l’instant, l’expiration du programme prévue à 23 h 59 et protège plus de 300 000 Haïtiens contre la perte de leur statut légal, de leur autorisation de travail et contre une expulsion imminente.
Créé en 2010 à la suite du séisme dévastateur sous la présidence de Barack Obama, le TPS bénéficie aujourd’hui à une population largement intégrée aux États-Unis, notamment en Floride du Sud, où vivent plus de 150 000 bénéficiaires.
La fin du programme aurait entraîné un retour forcé vers un pays plongé dans une crise profonde, marquée par la violence des gangs armés, l’instabilité politique, l’effondrement des services publics et une urgence humanitaire persistante.
Dans son ordonnance, la juge Reyes a donné raison aux plaignants, dont des bénéficiaires du TPS, la Haitian Evangelical Clergy Association et le syndicat SEIU-32BJ.
Ils soutenaient que la suppression du programme violait la loi fédérale sur l’immigration et reposait sur des motivations discriminatoires, notamment raciales.
La magistrate a rejeté l’argument du DHS selon lequel la décision relevait du pouvoir discrétionnaire de l’exécutif et échappait au contrôle judiciaire.
Malgré cette décision, l’administration maintient que les conditions actuelles en Haïti permettraient le retour des bénéficiaires du TPS et estime qu’une prolongation du programme irait à l’encontre des intérêts nationaux américains. Un appel de la décision est déjà envisagé.
La Rédaction
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