Décodage Info , 22 février 2026
Un échange particulièrement tendu oppose deux figures de la scène politique et intellectuelle haïtienne. À l’origine de la controverse, une déclaration du professeur Sauveur Pierre-Étienne, ancien Premier ministre et dirigeant politique, laissant entendre que Smith Augustin, alors ambassadeur d’Haïti en République dominicaine, aurait facilité la délivrance de visas à des ressortissants colombiens impliqués dans l’assassinat du président Jovenel Moïse, survenu le 7 juillet 2021.

Mis en cause publiquement, Smith Augustin a réagi avec fermeté.Dans une correspondance adressée à son contradicteur, il exige des précisions formelles. Il enjoint Sauveur Pierre-Étienne à produire des preuves tangibles à l’appui de ses accusations ou, à défaut, à lui présenter des excuses publiques.La réplique du professeur Pierre-Étienne n’a pas tardé.
Dans une nouvelle lettre, il renvoie Smith Augustin à ce qu’il considère comme ses responsabilités institutionnelles et judiciaires. Selon lui, les explications attendues doivent être fournies en priorité au juge d’instruction chargé du dossier relatif à l’assassinat de Jovenel Moïse, compte tenu du statut diplomatique occupé par l’intéressé au moment des faits.
Pour étayer son argumentation, Sauveur Pierre-Étienne invoque le droit international, notamment la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961. Il rappelle que ce texte encadre strictement les missions et obligations des ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires.
Selon lui, ces derniers doivent notamment agir comme acteurs clés de l’alerte stratégique, coordonnateurs institutionnels de l’information sensible et maillons essentiels dans la prévention des menaces visant l’État accréditant.« Ce devoir de vigilance ne s’exerce pas dans l’abstrait », a-t-il soutenu, laissant entendre que des manquements auraient pu survenir dans la chaîne de responsabilité diplomatique.
Ce duel épistolaire ravive les interrogations sur le rôle des autorités diplomatiques haïtiennes dans la circulation et la gestion de l’information sécuritaire précédant l’assassinat du chef de l’État. Alors que l’enquête judiciaire se poursuit, seule l’instruction permettra d’établir d’éventuelles responsabilités dans un dossier qui continue de secouer la vie politique nationale.
La Rédaction
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