Le CPJ appelle le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à abroger le décret sur la diffamation

Décodage Info, 5 mars 2026- Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a adressé, le 2 mars 2026, une correspondance au Premier ministre haïtien Alix Didier idier Fils-Aimé pour exprimer sa profonde inquiétude face à certaines mesures jugées menaçantes pour la liberté de la presse en Haïti. Dans cette lettre, l’organisation internationale de défense des journalistes demande au chef du gouvernement d’abroger le décret sur la liberté d’expression et la diffamation promulgué le 18 décembre 2025.

Selon le CPJ, ce texte, adopté par le Conseil présidentiel de transition à la fin de l’année dernière, élargit la portée pénale de la diffamation et pourrait rendre plus risquée la couverture journalistique de la corruption et des affaires publiques. L’organisation estime que ce décret expose davantage les journalistes à des poursuites judiciaires, à des peines de prison ou à des amendes jugées excessives.

Dans sa correspondance, signée par José Zamora, directeur régional pour les Amériques, le CPJ souligne également que le décret aurait été publié sans consultation publique préalable. L’organisation y voit un manque de transparence et un affaiblissement des mécanismes démocratiques permettant de débattre de questions liées à la liberté d’expression.

Le CPJ affirme avoir consulté des représentants des médias haïtiens avant de formuler sa demande d’abrogation. Selon l’organisation, retirer ce décret pourrait contribuer à restaurer la confiance entre les autorités et la population, notamment à l’approche des élections prévues cette année.

L’organisation rappelle par ailleurs que les journalistes haïtiens travaillent depuis plusieurs années dans des conditions particulièrement difficiles, marquées par l’insécurité et les menaces. D’après les données compilées par le CPJ pour l’année 2025, Haïti figure parmi les pays les plus dangereux au monde pour les professionnels des médias, avec un niveau élevé d’impunité dans les affaires d’attaques ou d’assassinats visant des journalistes.

Dans sa lettre, le CPJ indique enfin qu’il serait disposé à échanger directement avec le Premier ministre afin de discuter plus en détail des préoccupations soulevées et des moyens de renforcer la protection des journalistes dans le pays.

La Rédaction

DÉCODAGE lNFO

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