
Depuis plus de trois jours, une grande partie de la population du Sud-Est d’Haïti, notamment à Jacmel, est privée d’un accès stable à Internet en raison de la dégradation constante des services des compagnies Natcom et Digicel. Cette situation paralyse les activités économiques, éducatives et professionnelles et suscite la colère des usagers, souvent incapables de passer des appels ou d’effectuer des transactions.
Dans le secteur éducatif, Cheslie Pierre, étudiante en psychologie et en gestion des affaires, exprime son exaspération face aux pannes récurrentes du réseau. « J’utilise simultanément les services de Natcom et de Digicel, mais la situation empire sur les deux fronts. Je ne parviens plus à suivre mes cours ni à effectuer mes recherches alors que les examens approchent. C’est une catastrophe totale », a-t-elle déploré.
De son côté, Laurore Jasmin, entrepreneur local, dénonce les conséquences désastreuses de ces interruptions répétées sur son entreprise. Son activité, qui repose majoritairement sur la prise de commandes à distance, est aujourd’hui paralysée.
Selon lui, chaque défaillance technique se traduit immédiatement par d’importantes pertes financières, les clients se retrouvant dans l’incapacité de le joindre pour valider leurs achats.« On nous impose de payer des factures élevées alors que ces compagnies semblent ne servir que leurs propres intérêts. Elles n’ont rien à perdre, contrairement à nous. Où va ce pays alors que l’accès à un réseau stable est devenu un luxe ? », s’interroge-t-il.Au-delà des conséquences économiques, cette situation affecte également le tissu social. De nombreuses familles se retrouvent coupées de leurs proches, plongées dans un isolement difficile à supporter.
Dans certains cas, elles ne parviennent même plus à maintenir un contact minimal ni à prendre des nouvelles de leurs proches.Face à ces défaillances techniques récurrentes, les usagers réclament des mesures concrètes : une baisse des tarifs des appels et de l’Internet, une amélioration significative de la qualité du service, l’indemnisation des forfaits non consommés et, surtout, l’ouverture du marché des télécommunications à une plus grande concurrence.






