En visite à Port-au-Prince ce 16 juin 2026, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a exhorté la communauté internationale à renforcer son engagement en faveur d’Haïti.

Face à la presse, il a dressé un tableau alarmant de la situation sécuritaire et humanitaire, tout en soulignant que le déploiement de la nouvelle Force de répression des gangs ouvre une fenêtre d’opportunité pour reprendre le contrôle des zones occupées par les groupes armés.
Au terme de sa visite de solidarité, António Guterres a déclaré qu’Haïti traverse aujourd’hui l’une des crises humanitaires les plus graves de l’hémisphère occidental.
Cette situation est alimentée par l’insécurité persistante, les déplacements massifs de population et la montée en puissance des gangs armés.
Selon les chiffres présentés, plus de 6,4 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire et environ 1,5 million ont été contraintes de fuir leur domicile. Le secrétaire général a insisté sur la vulnérabilité particulière des femmes et des enfants, exposés aux violences sexuelles et au recrutement forcé par les groupes armés.
« Le monde n’a pas le droit de détourner le regard », a-t-il martelé, appelant à mettre fin à ce qu’il considère comme une indifférence prolongée de la communauté internationale face à la dégradation de la situation.
Interrogé par la presse, António Guterres a reconnu que les dispositifs précédents n’avaient pas permis de neutraliser efficacement les gangs. Tout en saluant le travail des policiers kényans déployés dans le cadre de la mission actuelle, il a estimé que celle-ci manquait de moyens et de mandat suffisamment robustes.
Il a rappelé que le Conseil de sécurité des Nations unies a désormais approuvé la mise en place d’une force renforcée de 5 500 membres, avec pour mission explicite le démantèlement et le désarmement des groupes armés. Le secrétaire général a exprimé l’espoir d’un déploiement rapide et d’une coopération étroite avec la Police nationale d’Haïti.
António Guterres a également évoqué certaines avancées observées dans des zones stratégiques de la capitale, estimant que la reprise progressive du contrôle de certains espaces publics montre qu’un rétablissement de l’autorité de l’État reste possible. Il a encouragé à étendre ces progrès à l’ensemble du territoire.
Le responsable onusien a insisté sur la nécessité de progresser simultanément sur le rétablissement de la sécurité et la préparation d’élections crédibles. Il a toutefois rappelé que la fixation du calendrier électoral relève exclusivement des autorités haïtiennes.
António Guterres a enfin interpellé les pays donateurs, soulignant que le plan humanitaire pour Haïti n’est financé qu’à environ 24 %, alors que les besoins continuent d’augmenter.
Pour lui, Haïti dispose encore d’une chance de redressement si les efforts sécuritaires et humanitaires sont soutenus de manière cohérente. « Haïti a tout pour se relever », a-t-il affirmé, appelant à une mobilisation durable.
Avant de quitter le pays, le secrétaire général des Nations unies a réaffirmé le soutien de l’ONU au peuple haïtien, estimant que la période actuelle représente une opportunité décisive pour inverser la dynamique de crise.
Moïse François
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