Le 7 juillet 2021, l’assassinat du président Jovenel Moïse plongeait Haïti dans l’une des plus graves crises de son histoire récente. Cinq ans plus tard, une question demeure incontournable : le pays est-il aujourd’hui dans une meilleure situation que celle qu’il connaissait avant ce drame ?

À l’époque, une partie importante de l’opposition exigeait le départ de Jovenel Moïse, estimant que son mandat avait pris fin et refusant qu’il reste au pouvoir jusqu’au 7 février 2022. Aujourd’hui, les acteurs qui promettaient une nouvelle gouvernance sont, pour plusieurs, associés au pouvoir de transition. Pourtant, les élections tant attendues n’ont toujours pas été organisées, tandis que le dossier de l’assassinat du chef de l’État demeure sans conclusion définitive.
Le constat est difficile à ignorer. L’insécurité s’est aggravée, les institutions continuent de s’affaiblir, la corruption reste une préoccupation majeure et la population fait face à une crise économique et humanitaire sans précédent. Beaucoup de citoyens s’interrogent sur les résultats réels des changements annoncés il y a cinq ans.
Les critiques envers les autorités de transition se multiplient. Plusieurs observateurs estiment qu’elles n’ont pas répondu aux attentes de la population et que le pays continue de reculer. Ils dénoncent également des décisions controversées ainsi qu’une justice qui peine toujours à faire toute la lumière sur l’assassinat du président.
Au-delà des divergences politiques, une évidence s’impose : Haïti ne peut construire son avenir sans vérité, sans justice et sans institutions crédibles. Cinq ans après l’assassinat de Jovenel Moïse, le peuple haïtien attend encore des réponses, des élections libres et un leadership capable de restaurer la confiance.
L’histoire retiendra que l’élimination d’un président n’a pas mis fin à la crise. Au contraire, elle a ouvert une période d’incertitude dont Haïti peine encore à sortir. Plus que jamais, le pays a besoin d’un véritable sursaut national pour retrouver le chemin de la stabilité, de la démocratie et du développement.
Junior Garçon
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