L’espoir de centaines de familles vivant au camp de déplacés de l’OPC cède progressivement la place à la colère. Alors que l’État haïtien, par l’intermédiaire de l’Office national de la migration (ONM), met en œuvre un programme d’accompagnement prévoyant l’octroi d’un chèque de 100 000 gourdes pour faciliter le relogement des personnes déplacées, plusieurs résidents affirment avoir été exclus du processus de recensement.

Selon les témoignages recueillis sur place, le camp est constitué d’une douzaine de blocs où vivent encore de nombreuses familles ayant fui les violences armées. Pourtant, bon nombre d’entre elles disent ne pas retrouver leur nom sur la liste des bénéficiaires, malgré leur présence permanente sur le site.
Les déplacés dénoncent un recensement qu’ils jugent opaque. Ils soutiennent que certaines personnes ayant bénéficié du chèque ne résident pas dans le camp, tandis que des occupants réguliers ont été écartés du programme. Ils réclament des explications sur les critères de sélection et demandent qu’une vérification indépendante soit menée.
Les habitants disent ne pas comprendre cette situation. Ils soulignent que leurs noms figurent régulièrement sur les listes établies lors des distributions de lait en poudre, de riz, de maïs et d’autres produits alimentaires. « Pourquoi sommes-nous reconnus lorsqu’il s’agit de recevoir une aide alimentaire, mais ignorés lorsqu’il est question de l’aide destinée à quitter le camp ? », s’interrogent-ils.
Pour ces familles, le chèque de 100 000 gourdes représente bien plus qu’une simple assistance financière. Il constitue une véritable opportunité de retrouver un logement, de quitter des conditions de vie précaires et de reconstruire un avenir loin des camps de fortune.

À travers un appel lancé aux plus hautes autorités de l’État et aux responsables de l’ONM, les résidents demandent un réexamen immédiat des listes de bénéficiaires. Ils exhortent les autorités à garantir un traitement équitable afin que les véritables occupants du camp ne soient pas laissés pour compte.
Au moment de la publication de cet article, aucune réaction officielle des autorités concernées n’avait encore été enregistrée concernant les allégations formulées par les résidents du camp de l’OPC.
Junior Garçon
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