Port-au-Prince, le 9 juillet 2026 – Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, affirme faire l’objet d’une campagne de harcèlement judiciaire qu’il estime liée au dossier de l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse. Il met en cause le ministre de la Défense, Mario Andrésol, l’ancien directeur général de la PNH Marc Justin ainsi que le juge d’instruction Denis Cyprien, qu’il accuse d’utiliser cette affaire à des fins d’intimidation.

Lors d’une interview accordée le mardi 7 juillet à plusieurs médias de la capitale, Pierre Espérance a catégoriquement rejeté tout lien avec Joseph Félix Badio, l’un des principaux accusés dans l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse.
« Je ne connais pas Joseph Félix Badio. Je ne l’ai jamais rencontré et je n’ai jamais communiqué avec lui », a-t-il déclaré, affirmant qu’aucune confrontation ne se justifie dans ce dossier.
Selon le responsable du RNDDH, certaines démarches judiciaires auraient pour seul objectif de discréditer son organisation et de porter atteinte à son travail en faveur des droits humains.
Pierre Espérance soutient notamment que Mario Andrésol et Marc Justin auraient influencé le juge Denis Cyprien afin d’obtenir une ordonnance susceptible de conduire à une perquisition dans les locaux du RNDDH ainsi qu’à son domicile.
Il reproche également au magistrat instructeur de détourner l’instruction de son objectif initial en multipliant, selon lui, des actes de procédure visant différentes personnalités sans fondement suffisant. À titre d’exemple, il évoque le mandat d’amener émis contre le journaliste Jean Ménard Mettelus ainsi que la convocation de Martin Moïse comme témoin.
Face à cette situation, le RNDDH indique avoir adressé deux correspondances au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), sollicitant un examen du comportement du juge Denis Cyprien. L’organisation souhaite que le dossier soit retiré au magistrat, estimant que celui-ci ne garantit plus les conditions d’une instruction impartiale.
Pierre Espérance affirme enfin que ces pressions alléguées ne remettront pas en cause l’engagement du RNDDH en faveur de la défense des droits humains, de l’État de droit et de la lutte contre l’impunité.
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