Derrière chaque départ, il y a une histoire, une famille et souvent un choix imposé par la peur. C’est autour de cette réalité que le Collectif Défenseurs Plus a organisé une journée de réflexion dans le cadre du Forum Social Mondial Cotonou 2026, consacrée aux conséquences de la crise sécuritaire haïtienne sur les déplacements de population. Placée sous le thème « De la violence à l’exode : impacts de la crise sécuritaire sur les flux migratoires internes et externes », cette rencontre a réuni des représentants de la société civile haïtienne et africaine, des universitaires ainsi que des acteurs engagés dans la défense des droits humains.

Au cours des échanges, les participants ont tenté de comprendre l’ampleur d’un phénomène qui bouleverse des milliers de vies. En Haïti, l’insécurité grandissante contraint de nombreuses familles à abandonner leur maison, leur quartier et parfois leurs moyens de subsistance pour chercher un refuge ailleurs. Qu’il s’agisse de déplacements à l’intérieur du pays ou de départs vers l’étranger, ces mouvements traduisent une profonde détresse humaine.
Responsable des programmes de Défenseurs Plus, Ulrick Tintin a insisté sur la nécessité de regarder la crise migratoire au-delà des statistiques. Il a rappelé que chaque personne déplacée porte une histoire marquée par la peur, la perte et l’incertitude. Face à cette situation, il a appelé à une mobilisation collective afin de renforcer la protection des victimes et de promouvoir des réponses respectueuses des droits fondamentaux.
Présent sur place, Kerby Sainfort a évoqué les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontées les personnes forcées de quitter leur lieu de vie. Il a notamment souligné les problèmes liés à l’accès au logement, aux soins de santé, à l’éducation et aux moyens de subsistance. Selon lui, accompagner ces populations nécessite une réponse qui place la dignité humaine au centre des actions.
Intervenant en ligne, Sarr Mamadou a apporté une analyse basée sur plusieurs expériences africaines en matière de déplacements forcés. Il a rappelé que les crises sécuritaires produisent des conséquences similaires dans plusieurs régions du monde et que seule une coopération renforcée entre les États, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux peut permettre d’apporter des solutions durables.
Les discussions ont également mis en évidence que l’exode n’est pas seulement une conséquence de la violence armée. Il reflète aussi des difficultés profondes liées à la pauvreté, à la fragilité des institutions et au manque de protection des populations vulnérables. Pour les participants, répondre à cette situation exige d’agir sur les causes qui poussent les familles à abandonner leur environnement.
À travers cette initiative organisée au Forum Social Mondial Cotonou 2026, le Collectif Défenseurs Plus réaffirme son engagement en faveur des personnes déplacées et des migrants. L’organisation entend poursuivre son plaidoyer pour des réponses plus humaines, fondées sur la solidarité, la protection des droits humains et la recherche de solutions durables face aux crises qui provoquent l’exil.
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