Insécurité : l’ORDEDH appelle à une réforme en profondeur de la PNH après un premier semestre

meurtrierPort-au-Prince, 31 juillet 2026 – L’Ordre des Défenseurs des Droits Humains (ORDEDH) dresse un constat alarmant de la situation sécuritaire en Haïti.

Dans un communiqué rendu public ce vendredi, l’organisation affirme que la violence armée a coûté la vie à 1 305 personnes entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, tout en exhortant les autorités à engager sans délai une restructuration de la Police nationale d’Haïti (PNH).D’après les statistiques communiquées par l’ORDEDH, les six premiers mois de l’année ont également fait 217 blessés par balle. L’organisation fait état, en outre, d’une moyenne quotidienne de plus de sept cas de violences sexuelles, illustrant, selon elle, l’ampleur de la crise humanitaire provoquée par l’insécurité.

Le rapport souligne que 408 incidents sécuritaires majeurs ont été enregistrés au cours du premier semestre, les départements de l’Ouest et de l’Artibonite demeurant les principaux foyers de violence en raison des affrontements entre groupes armés et des attaques contre les populations.Face à ce tableau préoccupant, l’ORDEDH estime que les réponses apportées jusqu’à présent par les pouvoirs publics n’ont pas permis d’endiguer la progression des groupes criminels.

Si l’organisation salue les efforts consentis par les forces de l’ordre, elle considère que les limites structurelles de la PNH réduisent considérablement l’efficacité des opérations menées sur le terrain.Pour sortir de cette impasse, l’organisation recommande la création d’une commission spéciale de restructuration de la PNH, placée sous l’autorité du Directeur général de l’institution.

Cette structure aurait pour mission d’identifier les difficultés auxquelles sont confrontés les policiers, d’améliorer leurs conditions de travail et de proposer des réformes destinées à renforcer durablement les capacités de la police.

L’ORDEDH insiste également sur la nécessité d’une meilleure coordination entre la Police nationale d’Haïti, les Forces Armées d’Haïti (FAd’H) et la Force multinationale d’appui à la sécurité (FRG) afin de mener une réponse plus efficace contre les groupes armés qui contrôlent une partie du territoire national.

Enfin, l’organisation estime que les conditions actuelles ne sont pas réunies pour la tenue d’élections crédibles. Selon elle, le rétablissement de la sécurité, la protection des citoyens et la restauration de l’autorité de l’État doivent constituer les priorités absolues avant l’organisation de tout scrutin.

Moïse François

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