Le Mouvman Pwogresis pou Etabli Lideyal Desalin (MOPELID) a vivement remis en question la démarche du Conseil électoral provisoire (CEP) et du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Réunis en conférence de presse ce mardi à Delmas, les responsables du mouvement ont estimé que le contexte actuel d’insécurité compromet toute perspective d’élections libres, inclusives et démocratiques.

Delmas, le 4 août 2026
Les dirigeants du MOPELID ont d’abord exprimé leur solidarité envers la population haïtienne, confrontée, selon eux, à une crise multidimensionnelle marquée par la violence des groupes armés, la hausse du chômage, la pauvreté grandissante et la paralysie de plusieurs services essentiels.
Prenant la parole, le porte-parole du mouvement, Jean Joseph Louisné, a déclaré que le MOPELID prend acte de la publication du calendrier électoral. Toutefois, il estime que ce processus ne doit pas être orienté au profit d’un cercle restreint de dirigeants ou d’alliés politiques du pouvoir exécutif.
Selon lui, le gouvernement poursuit un agenda électoral qui ne tient pas compte des réalités du terrain. Il rappelle que l’insécurité continue de provoquer des enlèvements, de forcer la fermeture d’établissements scolaires, de centres hospitaliers et d’autres institutions, rendant impossible la participation de nombreux citoyens.
Le responsable politique a également dénoncé ce qu’il considère comme l’exclusion des départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre du processus électoral. Pour le MOPELID, une telle approche remet en cause le caractère national des élections et risque d’affaiblir davantage la légitimité des futures autorités.
S’interrogeant sur les véritables bénéficiaires du scrutin annoncé, Jean Joseph Louisné a déclaré que les prochaines élections doivent répondre avant tout aux intérêts du peuple haïtien. Il a, dans la foulée, invité les habitants des départements concernés à demeurer mobilisés afin de défendre leur droit à une participation pleine et entière.
Pour sa part, la porte-parole adjointe du mouvement, Marie Vanessa Joseph, a exhorté les autorités à garantir une stricte neutralité de l’État durant le processus électoral. Elle a dénoncé toute éventuelle utilisation des fonds publics en faveur de candidats proches du pouvoir et a insisté sur la nécessité d’offrir les mêmes chances à tous les compétiteurs.
À travers cette conférence de presse, le MOPELID appelle à un processus électoral véritablement inclusif, transparent et sécurisé, estimant que seule une telle démarche permettra de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques du pays.
Jean Gilles Désinord
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