Port-au-Prince, 14 août 2026. — L’Université de la Fondation Dr Aristide (UNIFA) fait marche arrière concernant les bourses d’études en sciences informatiques annoncées quelques mois plus tôt par le Dr Jean-Bertrand Aristide. Alors que 103 jeunes avaient été retenus après avoir participé à un concours organisé dans le cadre de cette initiative, l’institution affirme désormais qu’il n’a jamais été question de bourses, mais de séminaires gratuits.

Le revirement suscite colère, déception et incompréhension parmi les jeunes concernés, qui disent avoir répondu à l’appel en pensant pouvoir bénéficier d’une formation gratuite en informatique.
L’initiative avait été lancée en mars dernier en partenariat avec la mairie de Tabarre. Des dizaines de jeunes s’étaient inscrits après l’annonce de la possibilité de suivre une formation en sciences informatiques. Un concours avait ensuite été organisé et 103 candidats avaient été sélectionnés.
Mais plusieurs mois après cette sélection, le discours de l’UNIFA a changé.
Dans un message transmis aux candidats sur un groupe WhatsApp, un responsable de l’université explique que le projet concernait en réalité des « séminaires gratuits » que l’UNIFA souhaitait organiser entre le 23 mars et le 23 juin. Il évoque également une « fausse rumeur » qui aurait circulé autour de l’initiative et qui aurait conduit l’institution à procéder à une évaluation des candidats.
Cette nouvelle position intervient alors que les jeunes avaient déjà franchi différentes étapes du processus de sélection. Pour plusieurs d’entre eux, il est difficile de comprendre pourquoi la question de la nature exacte de l’initiative n’a pas été clarifiée plus tôt.
La situation a pris une nouvelle tournure lors d’une rencontre organisée ce vendredi 14 août à la Fondation Dr Aristide avec plusieurs des 103 candidats retenus. Selon des participants, ceux qui souhaitent finalement poursuivre des études en informatique à l’UNIFA devront effectuer une nouvelle inscription et payer 4 000 gourdes. Les frais annuels de la formation leur seraient communiqués ultérieurement.
L’université propose notamment aux jeunes intéressés différentes options de formation, dont des parcours de deux ou quatre ans. Mais pour les candidats, cette proposition ne correspond pas à l’opportunité qui leur avait été annoncée et qui les avait incités à participer au processus.
Le principal reproche formulé contre l’UNIFA concerne donc le changement de position autour des bourses. Les jeunes estiment avoir été sélectionnés dans le cadre d’une initiative qu’ils comprenaient comme une possibilité d’étudier gratuitement et découvrent aujourd’hui qu’ils devront, s’ils souhaitent poursuivre leur formation, intégrer un cursus payant.
Dans un contexte où l’accès à l’enseignement supérieur reste difficile pour de nombreuses familles haïtiennes, l’annonce d’une bourse d’études représente une opportunité considérable pour les jeunes. Le fait de revenir plusieurs mois plus tard sur les modalités de cette initiative nourrit ainsi un sentiment de frustration chez les candidats.
Certains participants affirment également avoir engagé des dépenses pour leurs déplacements et consacré du temps aux différentes étapes du processus. Ils estiment que l’UNIFA aurait dû clarifier dès le départ les conditions et la nature exacte du programme.
À cette frustration s’ajoutent des soupçons formulés par certains jeunes concernant l’utilisation des informations personnelles recueillies durant les inscriptions. L’un des participants affirme notamment que les candidats auraient fourni leur numéro d’identification unique et soupçonne une utilisation politique de ces données au profit de Fanmi Lavalas, parti fondé par Jean-Bertrand Aristide. Cette accusation n’a pas été établie de manière indépendante et demeure, à ce stade, une allégation.
Pour les 103 jeunes retenus, la question est désormais de savoir ce qu’il adviendra concrètement de cette sélection et de l’engagement initialement compris autour des bourses annoncées. Ils réclament des explications sur les raisons de ce changement et sur les conditions exactes qui leur sont désormais proposées.
L’UNIFA se retrouve ainsi au centre d’une controverse provoquée par ce qui apparaît, aux yeux des candidats, comme un recul par rapport à l’annonce initiale. L’institution devra notamment clarifier la portée de l’annonce faite par le Dr Jean-Bertrand Aristide, la nature du programme initial, les raisons de l’organisation du concours ayant conduit à la sélection de 103 jeunes et les nouvelles modalités proposées aux candidats.
Pour l’heure, ces jeunes, qui pensaient avoir été retenus pour bénéficier d’une bourse en informatique, se retrouvent face à une nouvelle procédure et à des frais qu’ils ne s’attendaient pas à devoir payer.
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