La nouvelle a rapidement attiré l’attention : Mme Ophnide Orélus Renfort, chargée de mission au Fonds national de l’Éducation (FNE), a été licenciée avec effet immédiat. Dans une correspondance signée par la directrice générale, Jefnie Toussaint, le motif avancé est le « cumul d’emplois ».

Derrière cette décision administrative, il y a pourtant une question simple que beaucoup se posent : comment une telle situation a-t-elle pu arriver au sein d’une institution publique ? Si Mme Renfort occupait effectivement plusieurs emplois incompatibles, il est légitime de demander pourquoi cela n’a pas été vérifié plus tôt. Les contrôles ne devraient-ils pas intervenir avant ou dès la prise de fonction d’un agent ?
La décision du FNE peut se comprendre si les faits reprochés sont établis et contraires aux règles. Mais il serait trop facile de s’arrêter au seul cas de Mme Renfort. Une administration fonctionne avec des responsables, des services et des mécanismes de contrôle. Lorsqu’un problème est découvert, il faut aussi chercher à comprendre comment il a pu passer entre les mailles du filet.
Cette affaire pose également une question d’équité. Si le cumul d’emplois est interdit ou incompatible avec certaines fonctions, la règle doit être la même pour tout le monde. Le FNE doit donc montrer que ses décisions ne dépendent ni des relations, ni des affinités, ni du statut des personnes concernées.
Dans un pays où de nombreux jeunes cherchent désespérément un emploi et où les ressources de l’État sont limitées, la gestion des postes publics est particulièrement sensible. Chaque emploi financé par l’argent public représente une responsabilité. Il est donc normal que les citoyens demandent de la transparence lorsque des irrégularités sont évoquées.
Cela dit, Mme Renfort doit aussi pouvoir donner sa version des faits et faire valoir ses droits si elle estime que la décision est injustifiée. La lettre de licenciement explique le motif retenu par le FNE, mais elle ne donne pas tous les détails permettant de comprendre les circonstances de l’affaire.
Au fond, cette histoire ne devrait pas seulement être celle du licenciement d’une employée. Elle devrait servir à poser une question plus large sur la manière dont les institutions publiques contrôlent leurs agents. Si une irrégularité a été commise, elle doit être assumée et sanctionnée. Mais si un système de contrôle a échoué, il faut également avoir le courage de regarder de ce côté-là. C’est à ce prix que la confiance dans les institutions pourra être renforcée.
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