Bataille électorale : le MCFDF veut briser le plafond de verre qui bloque les femmes

Port-au-Prince, 20 août 2026 — À l’approche des prochaines échéances électorales, le Ministère de la Condition Féminine et des Droits de la Femme (MCFDF) entend faire de la représentation politique des femmes un enjeu central du débat national. Sous la direction de la ministre Pédrica Saint Jean, l’institution veut pousser les partis politiques à dépasser les discours de circonstance et à ouvrir réellement les espaces de pouvoir aux femmes.

Sous le haut patronage de la Primature, le MCFDF a organisé ce jeudi, à l’Hôtel Montana, un atelier de réflexion et de mobilisation autour du thème « Vers la participation des femmes au processus électoral : le MCFDF se mobilise ». La rencontre a réuni des membres du gouvernement, des responsables d’institutions publiques, des organisations féminines et féministes, des représentants de la société civile, des universitaires et des partenaires internationaux.

Plusieurs responsables gouvernementaux ont pris part aux échanges, dont la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raïna Forbin, le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, la ministre du Tourisme, Stéphanie Smith, le ministre de la Défense, Mario Andresol, ainsi que des représentants de la PNH et des Forces armées d’Haïti.

Le MCFDF met notamment l’accent sur l’application effective du quota d’au moins 30 % de représentation des femmes. Pour le ministère, cette exigence ne doit pas se transformer en simple chiffre sur les listes électorales.

L’objectif affiché est de permettre aux femmes d’occuper des positions réellement éligibles, de conquérir des mandats et d’accéder aux centres de décision. Une orientation qui place directement les formations politiques devant leurs responsabilités dans la composition de leurs listes et la désignation de leurs candidats.

Le message du MCFDF est particulièrement adressé aux partis et regroupements politiques. L’institution estime que la participation des femmes ne peut plus être limitée à des promesses ou à une présence symbolique destinée à répondre aux exigences du processus électoral.

Le ministère souhaite également renforcer la formation politique, civique et électorale des candidates, ainsi que leur accompagnement juridique, technique et communicationnel. La sécurité constitue un autre défi, notamment face aux menaces, intimidations, violences politiques basées sur le genre et cyberviolences susceptibles de freiner l’engagement des femmes.

Derrière la question du quota se joue un débat plus profond sur la distribution du pouvoir en Haïti. Pour le MCFDF, l’enjeu n’est pas simplement de compter le nombre de femmes candidates, mais de déterminer leur capacité réelle à accéder aux responsabilités et à participer aux décisions publiques.

À quelques mois des élections, la question de la représentation féminine pourrait ainsi devenir un véritable test pour les partis politiques et pour l’ensemble du système électoral. Le MCFDF veut désormais que les femmes ne soient plus seulement présentes dans la bataille électorale, mais qu’elles puissent aussi en sortir comme actrices du pouvoir.

Junior Garçon
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