Kenscoff : le gouvernement tente de rassurer après le passage de la tempête

Port-au-Prince, 26 août 2026 — Après l’attaque meurtrière perpétrée à Kenscoff, le gouvernement tente de reprendre la main sur le discours sécuritaire. Dans un communiqué publié ce mercredi, l’exécutif assure avoir renforcé son dispositif pour rétablir la sécurité et affirme que « l’État n’est pas ébranlé ».

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a réuni d’urgence le haut état-major de la Force de Répression des Gangs (FRG) afin d’évaluer la menace et de renforcer la coordination entre les différentes forces de sécurité. Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick Pélissier, a également rencontré les responsables de la FRG, de la Police nationale d’Haïti, des Forces armées d’Haïti et le ministre de la Défense pour coordonner un déploiement présenté comme immédiat.

Le gouvernement promet désormais de reprendre les zones touchées, « par la force si nécessaire », et de garantir la sécurité de la population. Une promesse qui intervient toutefois après le passage des groupes armés, alors que Kenscoff vient de vivre une nouvelle attaque sanglante et que les autorités sont vivement critiquées pour leur incapacité à empêcher une telle opération.

Le communiqué insiste sur les réunions tenues par le Premier ministre avec les responsables de la sécurité et les maires de Port-au-Prince, de Pétion-Ville et de Kenscoff. Mais au-delà des réunions et des annonces de renforcement du dispositif, la population attend surtout des résultats concrets sur le terrain.

Le contraste entre le ton offensif adopté par le gouvernement et la réalité vécue par les habitants est particulièrement frappant. L’exécutif affirme que « l’appareil sécuritaire est en mouvement », mais cette mobilisation intervient après plusieurs heures de violences et alors que des familles ont déjà payé le prix fort de l’insécurité.

Le Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES) doit, de son côté, apporter une aide humanitaire aux victimes et à leurs familles. Une mesure nécessaire dans l’urgence, mais qui ne saurait répondre à la question centrale qui demeure celle de la capacité de l’État à empêcher la répétition de ces massacres.

En appelant au calme et à la vigilance, le gouvernement cherche ainsi à rassurer une population traumatisée. Mais les déclarations de fermeté ne suffiront plus à convaincre une population qui attend des actes. Après les promesses, les réunions de crise et les annonces de déploiement, l’exécutif est désormais attendu sur les résultats.

Car à Kenscoff, la question n’est plus de savoir si l’État affirme qu’il contrôle la situation. Elle est de savoir quand il sera réellement capable de la contrôler.

Décodage Info

Sign Up For Daily Newsletter

Stay updated with our weekly newsletter. Subscribe now to never miss an update!

Leave a Reply

Discover more from DECODAGE INFO

Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

Continue reading