L’ambiance n’était visiblement pas des plus chaleureuses pour l’ancien Premier ministre Jean-Henry Céant au Cap-Haïtien. Son passage dans la deuxième ville du pays aurait suscité la colère de plusieurs citoyens, certains n’hésitant pas à exprimer ouvertement leur mécontentement à son égard.

Des images et témoignages circulant sur les réseaux sociaux évoquent une scène tendue, au cours de laquelle l’ancien chef du gouvernement aurait été pris à partie par des habitants. Les détails de l’incident restent cependant à vérifier, notamment sur l’ampleur réelle de la mobilisation et les circonstances précises ayant entouré les faits.
Pour beaucoup, cette réaction ne serait pas seulement liée à l’homme Jean-Henry Céant. Elle traduit aussi un ras-le-bol plus général envers une classe politique dont une partie de la population estime avoir trop longtemps échappé à ses responsabilités.
Le retour de Céant en Haïti, le 7 juillet 2026, avait déjà relancé les discussions autour de son parcours. Quelques jours auparavant, Hans Ludwig Joseph avait été révoqué de son poste à la tête de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), une institution avec laquelle l’ancien Premier ministre entretient depuis plusieurs mois des relations particulièrement tendues.
Céant conteste les accusations portées contre lui et réclame des explications. De son côté, l’ULCC avait recommandé des poursuites dans une affaire concernant des soupçons de détournement de fonds publics liés à un projet de logements destinés à des policiers.
Dans les rues du Cap-Haïtien, ces controverses trouvent aujourd’hui un écho particulier. La patience d’une partie de la population semble s’amenuiser face aux anciennes figures du pouvoir. Les citoyens veulent comprendre, veulent des comptes et, surtout, veulent voir des responsables répondre de leurs actes lorsqu’ils sont mis en cause.
Jean-Henry Céant n’est évidemment pas le seul ancien dirigeant confronté à ce sentiment de rejet. Mais la scène rapportée au Cap-Haïtien illustre une réalité devenue difficile à ignorer : dans un pays profondément marqué par la crise, le simple fait d’avoir occupé de hautes fonctions ne garantit plus le respect ou l’accueil de la population.
Ancien Premier ministre sous Jovenel Moïse entre 2018 et 2019, Céant reste une personnalité connue de la politique haïtienne. Mais son retour sur le devant de la scène se fait dans un climat beaucoup moins favorable.
Si les faits rapportés au Cap-Haïtien sont confirmés, le message d’une partie de la population sera difficile à manquer : la confiance se gagne, elle ne se réclame pas.
C’est dans ce sens que certains parlent désormais de Jean-Henry Céant comme d’une personnalité devenue persona non grata dans le Nord. Une formule forte, certes, mais qui traduit surtout le malaise et la colère d’une population qui ne veut plus rester silencieuse.
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