La course vers les élections continue de susciter des réactions dans le paysage politique haïtien. L’Opposition progressiste appelle à la prudence et estime que le pays ne peut pas réduire la crise actuelle à la seule organisation d’un scrutin. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, plusieurs formations et personnalités politiques demandent une révision du cadre de gouvernance avant toute échéance électorale, estimant que l’insécurité et la perte de confiance dans les institutions rendent difficile la préparation d’un scrutin véritablement crédible.

Le regroupement critique particulièrement la démarche du gouvernement démissionnaire et considère que la priorité devrait être donnée au rétablissement de la sécurité et au retour de la confiance publique. Il estime que les déplacements de populations, les violences et les difficultés auxquelles sont confrontés quotidiennement les citoyens ne permettent pas de créer un environnement favorable à une compétition électorale équitable. L’opposition met ainsi en garde contre une utilisation du calendrier électoral qui pourrait, selon elle, faire passer au second plan les problèmes fondamentaux auxquels le pays est confronté.
Sur le plan électoral, les signataires ne croient pas qu’une modification du décret ou un changement limité dans la composition du Conseil électoral provisoire puisse suffire. Ils réclament plutôt une réévaluation globale des règles qui encadrent le processus. La question des données personnelles constitue également une source d’inquiétude. L’Opposition progressiste demande des clarifications concernant l’utilisation présumée de données et de NINU de citoyens dans les opérations d’inscription et appelle à la mise en place de garanties solides pour prévenir toute utilisation abusive ou inscription frauduleuse.
Le regroupement politique s’appuie également sur des arguments constitutionnels pour contester certaines dispositions du décret électoral. Il estime notamment que le CEP ne doit pas disposer de compétences qui ne lui sont pas explicitement reconnues par la Constitution. Dans le même temps, l’opposition interprète la faible mobilisation observée depuis le début des inscriptions comme un indicateur de la défiance d’une partie de la population. Elle considère que cette réalité mérite d’être prise en compte plutôt que d’être simplement interprétée comme un manque d’intérêt pour les élections.
Pour sortir de cette situation, l’Opposition progressiste propose une nouvelle architecture politique. Parmi ses principales propositions figurent un Exécutif bicéphale avec des responsabilités clairement établies, une feuille de route consensuelle, des actions coordonnées pour améliorer la sécurité, un dialogue politique élargi et une meilleure protection des données personnelles. Le regroupement souhaite également revoir les dispositions électorales contestées avant d’organiser, dans un environnement jugé plus favorable, des élections libres, transparentes, sécurisées et susceptibles de recueillir l’adhésion de la population.
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