Cap-Haïtien, 3 septembre 2026 — La décision de l’Administration des Aéroports Nationaux (AAN) de restreindre l’accès des journalistes à la zone de débarquement de l’aéroport international du Cap-Haïtien suscite des interrogations au sein de la presse haïtienne.

Jeudi 3 septembre, des professionnels des médias n’ont pas pu accéder à l’espace réservé à l’accueil et à la prise en charge des ressortissants haïtiens déportés des États-Unis. Les journalistes souhaitaient notamment photographier et filmer l’arrivée des personnes rapatriées afin d’en rendre compte à l’opinion publique.
Cette restriction découle d’une note circulaire de l’AAN datée du 31 août 2026. Le document interdit la prise de photographies et l’enregistrement de vidéos dans les espaces concernés par le débarquement et la prise en charge des personnes déportées.
L’AAN justifie cette décision par la volonté de préserver « l’intimité, la dignité et la vie privée » des compatriotes concernés, tout en garantissant le bon déroulement des opérations aéroportuaires.
La note, signée par Edouane Pierre, Coordonnateur-directeur de l’aéroport international du Cap-Haïtien, demande ainsi aux responsables de faire respecter cette nouvelle disposition.
La mesure intervient dans un contexte où les déportations de ressortissants haïtiens depuis les États-Unis constituent un sujet majeur d’intérêt public. Pour les médias, la couverture de ces arrivées permet de documenter un phénomène qui touche directement des familles et des communautés à travers le pays.
La volonté de protéger la dignité des personnes déportées peut être considérée comme légitime. Toutefois, l’interdiction générale faite aux journalistes d’accéder à la zone de débarquement soulève des questions sur les limites imposées à l’exercice du métier de journaliste.
Le véritable enjeu réside désormais dans la recherche d’un équilibre entre le respect de la vie privée des personnes rapatriées, la sécurité des opérations aéroportuaires et le droit du public à être informé.
Alors que l’AAN maintient ses nouvelles directives, la question demeure : comment garantir la protection des déportés sans transformer les zones d’arrivée en espaces totalement fermés à la presse ?
Junior Garçon
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