Une femme. Un visage. Un corps livré à une violence d’une brutalité qui dépasse l’entendement. La vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montre une scène particulièrement difficile à regarder, où cette femme est violemment frappée à coups de machette par des individus présentés comme des membres de gangs. Derrière ces images, pourtant, il faut se rappeler une chose essentielle : il s’agit d’un être humain, pas d’une simple vidéo.

Quelqu’un connaît cette femme. Quelqu’un l’attend peut-être. Quelqu’un se demande peut-être où elle est, ce qui lui est arrivé et pourquoi personne n’a pu la protéger. Ses proches, eux, doivent désormais vivre avec des images qu’aucune famille ne devrait avoir à affronter. C’est aussi cela, la violence des gangs : elle ne détruit pas seulement une victime, elle laisse des familles entières avec des blessures qui ne se voient pas toujours.
Pour une population déjà épuisée par la peur, cette vidéo est un nouveau coup porté au moral. Beaucoup d’Haïtiens vivent désormais avec une question simple mais terrifiante : « Et si c’était moi ? Et si c’était mon enfant, ma mère, mon frère ou ma sœur ? » La peur accompagne les déplacements, le travail, les trajets et même les moments où l’on croit être en sécurité chez soi.
C’est précisément à ce moment que le silence des autorités devient particulièrement lourd. CSPN, devant une telle horreur, qui va enfin répondre ? Pendant que les citoyens voient circuler des scènes de violence extrême sur leurs téléphones, ils attendent de savoir ce que font ceux qui ont reçu la responsabilité de garantir leur sécurité. Ils ne veulent plus seulement entendre parler de stratégies, de réunions et de promesses. Ils veulent sentir que l’État est encore capable de les défendre.
Cette femme ne doit pas devenir une victime de plus que l’on oubliera après quelques jours. Son sort doit provoquer une véritable réflexion sur l’état de la sécurité nationale et sur la responsabilité de ceux qui la dirigent. Une société ne peut pas s’habituer à voir des êtres humains torturés et massacrés. Et un État ne peut pas demander éternellement à ses citoyens d’être courageux face à une violence qu’il ne parvient pas à contenir.
Le CSPN doit donc regarder cette réalité en face. Derrière chaque victime, il y a une histoire, une famille et des rêves interrompus. Si les responsables de la sécurité ne sont plus capables d’apporter des réponses à cette tragédie, alors la question de leur responsabilité ne peut plus être évitée. La population haïtienne ne réclame pas l’impossible : elle demande simplement de pouvoir vivre, rentrer chez elle et retrouver ses proches en vie. C’est le minimum qu’un État doit à ses citoyens.
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