Port-au-Prince, septembre 2026 — Dans une réflexion intitulée « Encore une fois ! », l’ancien Premier ministre Jean Michel Lapin propose une nouvelle orientation stratégique pour Haïti, dans un contexte marqué par de profondes mutations géopolitiques, économiques et technologiques.

Les rivalités entre grandes puissances et la recomposition des rapports internationaux imposent, à ses yeux, une réévaluation des priorités nationales. Le pays doit davantage défendre ses intérêts, renforcer sa capacité de négociation et tirer parti de ses atouts dans ses relations avec les partenaires régionaux et internationaux.
Jean Michel Lapin met notamment en avant les ressources naturelles, le potentiel touristique et culturel, les capacités agricoles ainsi que la position géographique du pays. Ces avantages pourraient constituer des moteurs de croissance, à condition d’être soutenus par un État fonctionnel, des institutions légitimes et une gouvernance capable de porter une vision cohérente à long terme.
L’ancien chef du gouvernement appelle également à une meilleure valorisation des potentialités régionales. Les zones côtières pourraient davantage s’appuyer sur le tourisme et les industries culturelles, tandis que l’Artibonite, les Nippes et la Grand’Anse disposent d’importantes capacités agricoles susceptibles de favoriser la création d’emplois et de nouvelles activités économiques.
Cette stratégie passe aussi par une participation plus active aux dynamiques régionales. Les partenariats avec les investisseurs et acteurs économiques, tant nationaux qu’étrangers, devraient être orientés vers la création d’emplois, l’investissement productif et l’amélioration des conditions de vie de la population.
La souveraineté nationale demeure toutefois au cœur de sa réflexion. L’ouverture aux partenaires internationaux ne doit pas, estime-t-il, se traduire par un abandon des intérêts du pays. Elle devrait plutôt permettre de négocier des accords équilibrés et mutuellement avantageux.
Une telle réorientation exige, poursuit-il, une classe politique capable de dépasser les intérêts particuliers et les calculs à court terme. La reconstruction de l’État, le renforcement des institutions et la restauration de la confiance citoyenne apparaissent comme des étapes incontournables avant toute relance durable.
Sur le plan politique, Jean Michel Lapin plaide pour la tenue d’une élection présidentielle le 7 février 2027, suivie d’élections législatives et municipales à partir d’octobre 2027. Il défend également l’idée d’un pouvoir exécutif bicéphale et d’une gouvernance fondée sur un meilleur équilibre institutionnel.
À travers cette prise de position, l’ancien Premier ministre entend contribuer au débat sur l’avenir politique et institutionnel du pays. Sa démarche se veut celle d’une opposition constructive, combinant analyse, critique et propositions.
Dans un environnement international en pleine recomposition, cette réflexion invite finalement à repenser la place d’Haïti sur l’échiquier régional et mondial. Pour Jean Michel Lapin, la reconstruction institutionnelle et la défense des intérêts nationaux doivent permettre au pays de retrouver une voix plus affirmée dans le « Concert des Nations ».
Junior Garçon
Decodage INFO







