Port-au-Prince, 17 septembre 2026 — La commune de Kenscoff est de nouveau au centre des préoccupations sécuritaires après les violences meurtrières enregistrées en juillet et en août 2026. Dans un rapport consacré à ces événements, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) fait état de plus de 164 morts et soulève de sérieuses interrogations sur la réponse des autorités face aux menaces qui pesaient sur la population.

Selon le RNDDH, les autorités auraient été informées de l’imminence des attaques. L’organisation affirme pourtant qu’aucune disposition suffisante n’aurait été prise pour empêcher les massacres ou renforcer efficacement la protection des habitants exposés aux violences.
Le rapport met notamment l’accent sur les informations dont disposaient les responsables de la sécurité avant les attaques. Pour le RNDDH, les événements de Kenscoff soulèvent ainsi la question de la capacité des institutions publiques à anticiper les menaces et à intervenir avant que les violences ne se transforment en tragédie.
L’organisation de défense des droits humains pointe particulièrement le rôle du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) dans la gestion de la situation sécuritaire. Elle estime que les autorités avaient la responsabilité de prendre des mesures adaptées aux risques signalés.
Les chiffres avancés par le RNDDH traduisent l’ampleur des violences. Plus de 164 personnes auraient perdu la vie au cours des massacres survenus durant les deux mois concernés. Derrière ce bilan se trouvent des familles endeuillées, des communautés déplacées et une population confrontée à une insécurité persistante.
Le RNDDH dénonce également une répartition des moyens policiers qu’il juge préoccupante. Selon l’organisation, des policiers seraient davantage mobilisés pour assurer la sécurité des autorités que pour protéger les citoyens directement exposés aux attaques des groupes armés.
Cette appréciation place la question des priorités sécuritaires de l’État au cœur du débat. Elle intervient alors que la population réclame davantage de protection dans plusieurs zones confrontées à la violence des groupes armés.
Au-delà du bilan des victimes, le rapport du RNDDH pose donc la question de la responsabilité institutionnelle dans la prévention des massacres. Pour l’organisation, les informations disponibles avant les attaques auraient dû conduire à une réponse sécuritaire plus conséquente.
Les événements de Kenscoff mettent ainsi le CSPN et, plus largement, les autorités responsables de la sécurité nationale face à des interrogations sur leur capacité à protéger les populations civiles et à utiliser efficacement les moyens dont dispose l’État.
Dans un contexte où la crise sécuritaire demeure l’un des principaux défis du pays, le dossier de Kenscoff dépasse désormais le cadre d’une simple opération policière. Il relance le débat sur les choix sécuritaires du pouvoir, la protection des civils et la responsabilité des institutions publiques face à la multiplication des violences armées.
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