La crise sécuritaire en Haïti prend une tournure encore plus alarmante avec l’implication croissante d’enfants dans les activités des gangs armés. Lors d’une rencontre tenue le 4 mars avec l’expert indépendant des Nations unies, William O’Neill, la Police nationale d’Haïti (PNH) a reconnu l’ampleur du phénomène et ses conséquences dramatiques tant pour les opérations policières que pour l’avenir de ces mineurs.

La présence d’enfants dans les rangs des groupes armés illégaux constitue aujourd’hui l’une des réalités les plus préoccupantes de la crise qui secoue le pays. Au cours de cet échange avec l’expert de l’ONU, le directeur général de la PNH, Vladimir Paraison, a mis en lumière la gravité de cette situation.Selon les informations communiquées par le haut commandement de la police, les gangs exploitent de plus en plus des mineurs dans leurs opérations.
Les plus jeunes, parfois âgés de seulement huit à dix ans, sont utilisés comme éclaireurs ou informateurs. Les adolescents, quant à eux, sont armés et envoyés directement dans les zones d’affrontement, où ils participent aux combats contre les forces de l’ordre.Cette réalité crée un dilemme moral majeur pour les policiers engagés sur le terrain.
Confrontés à des adversaires mineurs, les agents doivent intervenir dans un contexte où la frontière entre la répression du crime et la protection de l’enfance devient particulièrement délicate.Au-delà de l’aspect sécuritaire, cette situation révèle également les profondes failles du système de protection sociale en Haïti. La Brigade de protection des mineurs dispose de moyens très limités pour accueillir et encadrer ces enfants une fois interpellés.
Les autorités policières reconnaissent d’ailleurs le manque criant de structures spécialisées capables d’assurer leur prise en charge et de favoriser leur réinsertion.Face à ce constat préoccupant, la PNH plaide pour une approche globale impliquant plusieurs institutions de l’État, notamment l’Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR), ainsi que des organisations internationales comme l’UNICEF. L’objectif est de combiner les interventions sécuritaires avec un accompagnement social et un meilleur accès à l’éducation, afin de freiner le recrutement de mineurs par les gangs.
La Rédaction
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