Décodage Info, avril 2026 .- La situation sécuritaire en Haïti continue de se dégrader de manière inquiétante. Dans un rapport publié ce jeudi 9 avril, l’Ordre des Défenseurs des Droits Humains (ORDEDH) rapporte 738 personnes tuées au cours du premier trimestre 2026, un bilan qui témoigne de l’ampleur croissante de la violence armée dans le pays.

Selon l’organisation, la situation dépasse désormais le cadre de l’insécurité classique pour s’apparenter à une véritable crise humanitaire, dans laquelle les civils restent les principales victimes. L’ORDEDH souligne notamment la montée en puissance des groupes armés, facilitée par des faiblesses de coordination et de leadership au sein de la Police nationale d’Haïti (PNH).
Le rapport met en lumière les événements tragiques survenus dans la nuit du 28 au 29 mars 2026 dans le département de l’Artibonite, où plusieurs localités, dont Jean Denis, Fonds-Benoît et Mirebalais, ont été attaquées. Ces violences ont fait 93 morts, parmi lesquels des femmes, des enfants et des personnes vulnérables, et ont provoqué le déplacement de milliers d’habitants.
Sur le plan statistique, l’organisation recense 299 morts en janvier, 175 en février et 264 en mars, confirmant une persistance élevée de la violence avec une recrudescence notable en fin de trimestre.
La répartition géographique des victimes montre une forte concentration dans le département de l’Ouest, avec 65,58 % des cas, suivi de l’Artibonite avec 19,51 %, tandis que les autres régions du pays commencent progressivement à être touchées.
Le rapport relève également que 7,85 % des décès seraient liés à des interventions policières jugées non maîtrisées, mettant en évidence des dysfonctionnements dans les opérations de sécurité. L’ORDEDH critique l’absence d’une stratégie nationale cohérente et durable, estimant que les interventions ponctuelles ne parviennent pas à contenir l’expansion des groupes armés.
Face à cette situation, l’organisation recommande la mise en place de bases fixes de sécurité dans les zones les plus exposées, afin d’assurer une présence permanente des forces de l’ordre, de dissuader les groupes armés et de renforcer la protection des populations civiles. Elle appelle également à un plan de stabilisation territoriale structuré et mieux coordonné.
L’ORDEDH conclut que la situation actuelle constitue une urgence nationale nécessitant une réponse rapide et globale de l’État haïtien, faute de quoi le pays risque de s’enfoncer davantage dans une spirale de violence incontrôlable.
Décodage Info







