Haïti : droits humains sous pression, la crise sécuritaire compromet toute perspective électorale

La situation en Haïti continue de se détériorer à un rythme alarmant. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, la Plate-forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH), accompagnée de plusieurs institutions partenaires, dresse un constat sévère : l’insécurité galopante, la misère croissante et l’impasse politique menacent gravement l’avenir démocratique du pays.

.
Décodage Info, le 16 avril 2026

Parmi les organisations signataires figurent le Centre de Recherche et de Formation Économique et Sociales pour le Développement, la Commission Épiscopale Nationale Justice et Paix ainsi que le Réseau National de Défense des Droits Humains. Toutes s’accordent à dénoncer une recrudescence inquiétante des violences armées à travers le territoire, accompagnée d’une intensification des déplacements forcés de populations.

À cette crise sécuritaire s’ajoute une détérioration accélérée des conditions de vie. La flambée des prix des produits de première nécessité, aggravée par les récents ajustements des tarifs des produits pétroliers, accentue la précarité et enfonce davantage de familles dans une pauvreté extrême.

Un pouvoir accusé d’inaction
Les organisations de défense des droits humains pointent directement la responsabilité des autorités en place. Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est accusé d’inaction face à la montée de l’insécurité. Selon elles, aucune réponse structurée ni mesure efficace n’a été mise en œuvre pour reprendre le contrôle de la situation.

Au-delà de la question sécuritaire, les critiques portent également sur le blocage persistant du processus électoral. Les signataires dénoncent l’absence de progrès concret vers l’organisation d’élections et évoquent des soupçons de pressions exercées sur le Conseil Électoral Provisoire. Certaines initiatives liées à des modifications constitutionnelles sont par ailleurs jugées contestables, voire illégitimes.

Une urgence nationale

Face à ce tableau préoccupant, la POHDH et ses partenaires lancent un appel pressant à l’action. Ils exigent des mesures immédiates pour sécuriser les principaux axes routiers, démanteler les groupes armés et mettre en place le comité de suivi prévu dans le cadre du pacte politique.

Ils exhortent également le Conseil Électoral Provisoire à publier sans délai un calendrier électoral crédible, condition essentielle, selon eux, à toute sortie de crise institutionnelle.

Pour ces organisations, une évidence s’impose : sans un rétablissement effectif de la sécurité, aucune élection libre, inclusive et transparente ne pourra être envisagée en Haïti.

Jean Gilles Désinord
Décodage Info

Sign Up For Daily Newsletter

Stay updated with our weekly newsletter. Subscribe now to never miss an update!

Leave a Reply

Discover more from DECODAGE INFO

Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

Continue reading