Dans un climat national marqué par l’instabilité, l’insécurité et une perte de confiance généralisée envers les institutions, des organisations réunies au sein de l’Opposition progressiste ont présenté, le 2 juillet 2026, un document politique à portée nationale. La rencontre s’est tenue à l’Hôtel Montana, où plusieurs acteurs politiques et sociaux ont échangé autour d’un constat partagé : la nécessité urgente de repenser le fonctionnement de l’État haïtien.

Le texte s’appuie sur une lecture historique pour mieux comprendre la crise actuelle. Il revient sur les fractures nées dès l’après-indépendance et sur la rupture symbolique liée à l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines. Pour les auteurs, cet épisode a marqué le début d’une longue dérive institutionnelle, où le pouvoir s’est progressivement éloigné de sa mission première au profit de groupes restreints.
Au fil du document, une idée revient avec force : celle d’un pays profondément divisé. D’un côté, une partie de la population reste connectée aux services de l’État et aux dynamiques économiques ; de l’autre, une large majorité vit en marge, confrontée à un accès limité aux services essentiels. Cette fracture sociale et territoriale est présentée comme l’un des facteurs les plus préoccupants de la situation actuelle.

Le mémoire rappelle également que la vie politique haïtienne a été marquée par une succession de crises et de tentatives de redressement inachevées. Il évoque notamment certaines périodes d’espoir, comme sous Dumarsais Estimé, tout en soulignant la difficulté historique du pays à stabiliser durablement ses institutions et à construire une continuité démocratique.
Les transitions récentes sont, elles aussi, abordées avec un regard critique. Les auteurs estiment qu’elles n’ont pas permis de répondre efficacement aux urgences nationales ni de restaurer la confiance dans l’État. Les gouvernements associés à Ariel Henry et à Alix Didier Fils-Aimé sont mentionnés dans ce contexte, en lien avec les défis persistants de gouvernance et de sécurité.
Enfin, ce groupement avance une proposition centrale qui vise à engager une refonte en profondeur du système politique, avec notamment un exécutif bicéphale et la tenue d’une conférence nationale inclusive. L’objectif, selon ses représentants, est de recréer un espace de dialogue, de restaurer la confiance entre citoyens et institutions, et d’ouvrir la voie à une sortie de crise durable.
Emmanuel Joseph
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