La sortie de l’ancien Premier ministre Jean-Henry Céant contre l’ex-directeur général de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), Hans Ludwig Joseph, suscite des interrogations au regard de son propre parcours marqué par des accusations de corruption.

Port-au-Prince, le 2 juillet 2026
Dans une publication sur son compte X, Jean-Henry Céant a salué la révocation de Hans Ludwig Joseph, qu’il juge toutefois tardive. Il accuse l’ancien responsable d’avoir dévoyé la mission de l’ULCC et réclame la publication de ses déclarations de patrimoine d’entrée et de sortie, au nom de la transparence.
Cette demande intervient alors que Jean-Henry Céant a lui-même été visé par un rapport d’enquête de l’ULCC publié en 2021. L’institution l’accusait d’avoir participé à un stratagème ayant conduit au détournement présumé de plus de 20 millions de gourdes de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA), dans le cadre d’une opération impliquant la société Real Business Investment S.A. Le dossier n’a toutefois pas fait l’objet d’une décision judiciaire définitive.
En parallèle, le gouvernement canadien a imposé des sanctions à Jean-Henry Céant pour des allégations de corruption et de liens présumés avec des groupes armés. L’ancien Premier ministre a toujours rejeté ces accusations, mais les sanctions demeurent en vigueur.
Dans ce contexte, les appels de Jean-Henry Céant à la transparence et à la reddition de comptes apparaissent paradoxaux aux yeux de plusieurs observateurs. Si l’ex-chef du gouvernement exige que les responsables de la lutte anticorruption rendent des comptes, ses propres démêlés avec les autorités judiciaires et les sanctions internationales continuent d’alimenter les débats sur sa crédibilité en matière de gouvernance et d’intégrité publique.
Au-delà de la controverse, cette nouvelle prise de position remet en lumière les défis auxquels fait face la lutte contre la corruption en Haïti, où la crédibilité des institutions dépend également de l’exemplarité de ceux qui s’expriment en leur nom.Si vous souhaitez un ton encore plus offensif tout en restant dans les limites du journalisme factuel, je peux également le renforcer.
Jean Gilles Désinord
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