Port-au-Prince, 25 juillet 2026 – Le Gouvernement haïtien annonce le lancement du projet « Retour aux Quartiers – Solino », présenté comme une initiative destinée à permettre aux familles déplacées de regagner leur quartier. Mais cette opération intervient après des mois d’abandon sécuritaire au cours desquels des dizaines de résidents ont été contraints de quitter leurs maisons face à l’avancée des groupes armés.

Réunis ce samedi à l’auditorium Sainte-Rose de Lima, des représentants gouvernementaux et des acteurs communautaires ont présenté les grandes lignes de ce programme qui prévoit notamment la reconstruction du quartier, le rétablissement de la sécurité, la relance économique et la sécurisation des droits de propriété.
Cependant, derrière cette annonce, demeure la réalité vécue par les habitants de Solino : des familles qui ont perdu leur logement, leurs activités et leur cadre de vie parce que l’État n’a pas été en mesure d’assurer leur protection face à l’expansion des gangs armés.
Pendant plusieurs mois, les résidents de ce quartier ont alerté sur la dégradation de la situation sécuritaire, alors que les violences se multipliaient dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. L’absence d’une réponse efficace des autorités a contraint plusieurs habitants à prendre le chemin de l’exil interne, rejoignant les milliers d’autres personnes déplacées à travers le pays.
Avec le projet « Retour aux Quartiers – Solino », le Gouvernement affirme vouloir corriger les conséquences de cette crise en accompagnant le retour des familles. Le programme, coordonné par l’ingénieure Pascale Oriol, repose sur quatre axes : sécurité, reconstruction, relance économique et communautaire, ainsi que sécurisation foncière.
Une phase de recensement des besoins doit être lancée, tandis qu’un comité de quartier sera mis en place afin d’impliquer les habitants dans le processus. Les autorités promettent également un suivi transparent et une lutte contre la corruption.
Soutenu par l’UCLPB, l’EPPLS, le CIAT, le MICT, le MPCE et l’OIM, le projet se veut une réponse aux conséquences des déplacements forcés. Toutefois, pour de nombreux observateurs, la véritable épreuve pour l’État ne sera pas seulement de reconstruire Solino, mais surtout de garantir que les familles qui y retourneront ne soient pas une nouvelle fois abandonnées face aux groupes armés.
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