Saint-Domingue, 13 septembre 2026. — La proposition visant à rendre obligatoire l’enseignement du créole haïtien dans les écoles de la République dominicaine continue de faire débat. Déposé le 31 août 2026 devant la Chambre des députés par le député dominicain Julio César Beltré, le projet de loi prévoit l’enseignement du créole du primaire jusqu’à la fin du secondaire, dans les établissements publics comme privés.

La proposition suscite des réactions contrastées dans le pays. Plusieurs internautes dominicains se sont opposés à l’initiative, mais l’Association dominicaine des professeurs (ADP) a, pour sa part, exprimé son soutien à l’introduction officielle du créole haïtien dans le système éducatif.
Menegildo De La Rosa, secrétaire aux communications de l’ADP, estime que la connaissance du créole pourrait faciliter la communication entre Dominicains et Haïtiens. Il souligne notamment la situation linguistique observée dans les échanges quotidiens entre les deux populations.
« J’aimerais parler créole pour les comprendre. Eux nous comprennent parfaitement, mais nous, les Dominicains, nous ne les comprenons pas », a-t-il déclaré lors d’une interview accordée à un média dominicain.
Pour le responsable de l’ADP, l’apprentissage d’une langue ne devrait pas être considéré à travers le prisme de la race ou de la couleur de peau. Il défend ainsi une approche fondée sur la connaissance et les besoins de communication entre les deux populations.
Le projet de loi ne se limite toutefois pas au créole haïtien. Le texte prévoit également l’enseignement de l’anglais et du français dans les écoles dominicaines. Pour justifier l’introduction du créole, ses promoteurs mettent en avant les relations commerciales et frontalières entre Haïti et la République dominicaine, mais aussi les liens historiques et culturels entre les deux pays.
Le flux migratoire entre Haïti et la République dominicaine constitue également l’un des arguments avancés dans le projet. La présence d’une importante population haïtienne et les contacts réguliers entre les deux communautés sont présentés comme des éléments pouvant justifier une meilleure connaissance de la langue créole en République dominicaine.
L’initiative intervient alors que les échanges entre Haïtiens et Dominicains sont nombreux, notamment dans les zones frontalières, les activités commerciales et certains secteurs professionnels. Pour ses défenseurs, l’apprentissage du créole pourrait donc constituer un outil supplémentaire pour faciliter les interactions entre les deux populations.
Le texte doit maintenant poursuivre son parcours législatif à la Chambre des députés. Les débats devraient se poursuivre autour de la pertinence de rendre obligatoire l’enseignement du créole haïtien dans les écoles dominicaines, entre ceux qui y voient un outil de communication et ceux qui estiment que cette langue ne devrait pas intégrer de manière obligatoire le programme scolaire dominicain.
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