Il y a plus de vingt ans, Gary Bodeau et Claude Joseph évoluaient dans les mouvements étudiants et les mobilisations politiques qui secouaient Haïti. Aujourd’hui, les deux hommes se retrouvent dans une autre bataille, celle de la présidentielle de 2026. Bodeau porte les couleurs de REKONSILYE, tandis que Joseph a été désigné le 17 septembre par son parti EDE. Entre ces deux moments, leurs parcours ont pris des chemins différents, mais leur passé militant reste un point commun de leur histoire politique.

Au début des années 2000, Claude Joseph s’était engagé dans le mouvement étudiant à travers le Grand Front national des étudiants haïtiens (GRAFNEH). Les mobilisations de 2003-2004 l’avaient placé dans un environnement politique particulièrement agité, alors que des organisations étudiantes participaient aux manifestations contre le pouvoir de Jean-Bertrand Aristide. Pour celui qui deviendra plus tard Premier ministre, cette période a constitué l’un des premiers grands rendez-vous avec la politique nationale.
Gary Bodeau connaissait, lui aussi, cette réalité universitaire. Étudiant à l’Université d’État d’Haïti, il a évolué au sein du GRAFNEH, de la Fédération des universitaires d’Haïti (FEUH) et du Mouvman Etidyan Granmoun (MEGA). Son engagement politique s’est développé dans le contexte des événements de 2004. Les amphithéâtres, les réunions étudiantes et les manifestations ont ainsi servi de cadre aux premiers pas politiques de celui qui présidera plus tard la Chambre des députés.
Vingt-deux ans plus tard, le décor a changé. Les deux anciens acteurs des mouvements étudiants ne sont plus dans la rue pour porter des revendications universitaires : ils cherchent désormais à convaincre les électeurs. Gary Bodeau s’appuie sur son expérience parlementaire et sur REKONSILYE. Claude Joseph, après avoir occupé les fonctions de Premier ministre et de ministre des Affaires étrangères, revient dans l’arène avec EDE. Le 11 septembre, il s’était d’ailleurs inscrit comme électeur, quelques jours avant sa désignation officielle.
Pour les deux hommes, le passé ne constitue toutefois qu’une partie de l’histoire. En 2026, ils devront répondre à des préoccupations beaucoup plus immédiates : l’insécurité qui bouleverse les familles, les difficultés économiques qui pèsent sur les ménages et les incertitudes qui entourent l’avenir politique du pays. De jeunes militants qu’ils étaient autrefois aux prétendants à la magistrature suprême qu’ils sont aujourd’hui, Gary Bodeau et Claude Joseph abordent ainsi un nouveau chapitre de leur parcours, cette fois sous le regard direct des électeurs haïtiens.
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